Les moments forts de la conférence de Wei Jingsheng à Lyon


Par Julie Mermet
Publié le 19/04/2017  à 18:00
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Le mercredi 5 avril dernier, Wei Jingsheng, "le plus dangereux des dissidents chinois" donnait une conférence à Lyon. Devant les lecteurs de Lyon Capitale et les étudiants de l’ISCPA de Lyon, il s’était inquiété de l’élection à la présidence d’Interpol de Meng Hongwei, Vice-Ministre de la sécurité publique et chef de la police secrète chinoise. 

Wei Jingsheng en conférence à l'ISCPA de Lyon 05/04/2017
© Tim Douet
Wei Jingsheng en conférence à l'ISCPA de Lyon 05/04/2017

Revivez en images et en vidéo la conférence exceptionnelle du "père du mouvement démocratique chinois", en visite à Lyon, au sujet de la nouvelle présidence d’Interpol.

"Xi Jinping pourrait devenir un deuxième Mao"

Face à un régime chinois qu’il décrit "de plus en plus autoritaire", Wei Jingsheng s’inquiète du devenir des droits de l’Homme des Chinois. Il établit un parallèle osé et assumé, qui n’a pas manqué de surprendre son audience : "indirectement, Interpol collabore avec la Chine pour que Xi Jinping puisse devenir le deuxième Mao, ou le deuxième Hitler". Il a surtout cherché à convaincre que les Chinois se seront pas les seules victimes d’une absence de contrôle efficace d’Interpol. "Si on touche aux droits de l’Homme des Chinois, on touche aux droits de l’Homme de tout le monde"

"S’ils partent ailleurs, ils seront rattrapés"

Wei Jingsheng en conférence à l'ISCPA de Lyon 05/04/2017
© Tim Douet
Wei Jingsheng en conférence à l'ISCPA de Lyon 05/04/2017

Wei Jingsheng confie que les officiels chinois s’inquiètent de la dérive autoritaire de leur pays. "Certains ont déjà envoyé leur famille à l’étranger". Il craint par ailleurs de voir une multitude d’information sur les opposants du régime tomber entre les mains du gouvernement chinois. "Le régime veut utiliser Interpol pour les retrouver. S’ils partent ailleurs, ils seront rattrapés". 

"Dirigé par une dictature, Interpol peut devenir dangereux"

Devant un jeune public sensible et attentif, le dissident nuance ses propos : "le rôle d’Interpol est important, c’est une bonne organisation, mais dirigé par une dictature, il peut devenir dangereux". Il ajoute qu’il a eu droit, il y a une dizaine d’années, à un contrôle policier suite à une notice rouge d’Interpol qui le classait comme "terroriste".

"Les membres d'Interpol arrosés par le gouvernement chinois"

Pour Wei Jingsheng, c'est probablement la corruption qui a permis à la Chine d'obtenir cette présidence d'Interpol : "avant l'élection, il y a eu une réunion à Pékin, où les membres se seraient fait copieusement arrosés par le gouvernement chinois"

 

"Le gouvernement chinois est passé maitre dans l’art de monter des dossiers"

Interpol peut faire circuler des notices rouges à l’encontre de criminels internationaux. Pour Wei Jingsheng, "le gouvernement chinois est passé maitre dans l’art de monter des dossiers et de trouver des prétextes pour les arrêter". Lire plus ici

"Quand on dit la vérité, on leur fait peur"

Wei Jingsheng en conférence à l'ISCPA de Lyon 05/04/2017
© Tim Douet
Wei Jingsheng en conférence à l'ISCPA de Lyon 05/04/2017

Les futurs journalistes de l’ISCPA s’interrogent : "Que ressent-on lorsque l’on se dresse face à une nation comme la Chine ?". Wei Jingsheng explique alors sagement que "ce que craignent les dictatures, c’est la vérité. Quand on n’a plus peur, c’est le pouvoir qui a peur de nous, et non l’inverse". Un message qui suscite immédiatement l’adhésion et l’admiration du jeune public. 

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