Resistance 3 : sur la route

Outsider de la Playstation 3, souvent éclipsé par les Killzone et autres Call of Duty, la franchise Resistance reste pourtant une excellente série qui se démarque par son ambiance unique. Après un second épisode qui s'inspirait largement du film Cloverfield, le troisième lorgne davantage du côté du road-movie post-apocalyptique : dans les mégalopoles désertées, personne ne vous entendra crier.

1917, les tsaristes russes renversent les bolchéviques, la Seconde Guerre mondiale n'aura jamais lieu. 1951, l’Europe est envahie par les Chimères, des êtres humains contaminés par un virus extraterrestre. 1953, les Etats-Unis, dernier bastion de l'humanité, sont renversés. Seulement 10 % de l'espèce humaine a survécu. Désormais, elle se cache dans les sous-sols et tente de ne pas se faire massacrer par les patrouilles. Héros déchu, Joseph Capelli va tenter de rejoindre New York pour sauver ce qui reste de son monde.

Résolument à part, la saga Resistance demeure une valeur sûre grâce à son uchronie originale et son univers qui sort de l'ordinaire. Ce troisième épisode ne fera pas mentir les habitudes. Cependant, cette fois-ci, point de centaines de soldats qui s'unissent pour lutter contre des colosses gigantesques. Le salut ne viendra que d'un seul homme, perdu dans une Amérique post-apocalyptique. L'atmosphère pesante se fait ressentir à chaque coin de rue, rappelant parfois la saga Alien. Les passages dans les entrepôts plongés dans le noir demeurent toujours aussi stressants et ne manqueront pas de faire hurler les plus peureux. Cette sensation de tension omniprésente se retrouve renforcée par des décors et environnements vivants, où les créatures et animaux apparaissent au second plan et vaquent à leur occupation. Graphiquement, bien que le jeu ne soit pas impressionnant, les bases restent solides et se distinguent par une profusion de détails.

OLD SCHOOL !

Face à un marché ultra concurrentiel, Resistance 3 fait le pari de la vieille école et renoue avec des mécaniques de jeux que l'on pensait révolues. Ainsi, contrairement aux habitudes, la barre de vie ne se rechargera pas automatiquement. Il faudra donc retrouver ces bons vieux kits de soin, tout en espérant ne pas tomber dans une embuscade lorsque la santé vacille. Un choix à contre-courant qui contribue à accroitre cette tension qui caractérise le jeu, tout en déclenchant un sentiment de fierté lorsque l'on ressort vivant d'une bataille épique. Par ailleurs, il est possible de porter les 12 armes du jeu en même temps. Néanmoins, pour ne pas tomber dans le cliché du tank humain indestructible, les munitions se font rares et demanderont une gestion rigoureuse. Toutes complémentaires et originales, les armes se révèlent particulièrement jouissives à utiliser et évolueront suivant leur fréquence d’utilisation.

Classique, honnête et solide.

Loin d'être intelligents, les ennemis compensent leurs lacunes par leur grand nombre. Ainsi, chaque combat se transformera rapidement en joute intense où chaque mauvaise décision se paye lourdement. Les niveaux relativement ouverts permettent d'opter pour plusieurs stratégies, bien que les attaques kamikazes ne soient jamais payantes. Cette variété offre une "re-jouabilité" bienvenue qui s’associe à une bonne durée de vie. Comptez entre 9 et 10 heures avant de voir une fin qui se révèle frustrante. Les plus courageux pourront toujours refaire les niveaux en coopérations avec un ami, mais aussi en utilisant la maniabilité au Playstation Move. De plus, comme c'est désormais la tradition pour les productions de Sony, le jeu est compatible avec les télévisions en 3D relief. Enfin, le multi-joueurs promet déjà de longues heures de combat en ligne et surprend par son efficacité.

Au final, loin d'être un chef d’œuvre ou un uppercut explosif, Resistance 3 demeure un classique divertissement. Honnête et solide, il ne prend jamais son joueur pour un cowboy décérébré et ne le plonge pas dans un conflit incompréhensible. Grâce à son ambiance unique, sa relative liberté et son petit côté vieille école, Resistance 3 conviendra à tous les adeptes des jeux de tirs scénarisés, soucieux de retrouver un peu d'originalité.

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