Romain Bardet ou la persévérance d'un jeune Auvergnat

Premier vainqueur d'étape français sur le Tour de France 2016, le natif de Brioude doit beaucoup de sa superbe prestation de vendredi à son abnégation, son travail et celui de son équipe. Sacré dans sa région, le coureur AG2R a en outre récupéré la 2e place provisoire au classement, derrière l'intouchable Christopher Froome.

Persévérance. Il aura fallu attendra l'antépénultième étape du Tour 2016 pour pousser un grand cocorico. Mais qu'il fut bruyant. Soutenu par un foule et un staff mouillés de pluie autant que transpirants de stress, Romain Bardet a passé la ligne d'arrivée seul en tête ce vendredi à Saint-Gervais-les-Bains. A 25 ans, le natif de Brioude triomphe dans le massif du Mont-Blanc, non loin de Chambéry, où il s'entraîne depuis plusieurs années, et à quelques centaines de kilomètres des volcans qui l'ont vu grandir, sur un vélo.

Une victoire régionale donc, dont n'ont pas manqué de se féliciter les responsables politiques, du Lyonnais Thierry Braillard, au président de Région Laurent Wauquiez. Après de jeunes années passées à sillonner les routes de Haute-Loire, Romain Bardet a rejoint le club de Chambéry en 2010, sur les conseils des responsables du Team AG2R qu'il intègre deux ans plus tard. L'histoire régionale du désormais 2e au classement général de la Grande boucle ne s'arrête pas là puisqu'il a aussi suivi un cursus d'études supérieures adapté à la pratique du sport de haut-niveau dans une école de management grenobloise.

 

Travailleur acharné

Comme son diplôme, obtenu en 2015, sa victoire d'étape, hier, Romain Bardet la doit à son sérieux. Techniquement parfait dans les descentes mouillées qui ont vu chuter Froome ou, plus spectaculairement, le Français Pierre Rolland, il a su rester concentré. Une attitude certainement facilitée par les reconnaissances minutieuses effectuées avec son équipe, lors du Critérium du Dauphiné notamment pour les étapes alpines. Excellent grimpeur, le coureur sait donc aussi se maîtriser en descente. Lui qui avait un jour dit aimer la pluie pour le risque qu'elle fait courir à tout le peloton n'a commis qu'une toute petite erreur d’inattention, finalement sans gravité, quand il manqua de heurter le rétroviseur d'une voiture garée sur l'accotement de la route.

 

Les progrès effectués par le Tricolore ces dernières mois, eux non plus, ne sont pas le fruit du hasard, mais d'un travail acharné. En 2014 par exemple, puisant dans son porte-monnaie, il décide de son propre chef de partir s’entraîner dans les reliefs secs de la Sierra Nevada. En bon meneur il a finalement su imposer ces stages en altitude à toute son équipe. Un charisme qui s'est retrouvé hier quand, tour à tour, ses coéquipiers n'ont pas hésité à accompagner leur leader, portés par sa rage de remporter cette victoire d'étape. L'abnégation de Romain Bardet est remarquable jusque dans son alimentation. Depuis trois ans, il est accompagné par Denis Rich, spécialiste en micronutrition, afin de parfaire son équilibre nutritionnel. Enfin, et c'est plus récent, le coureur français a appris à gérer les jours de repos et les temps de récupération.

 

On espère donc qu'il se sera bien remis de ses efforts, et de ses émotions, ce samedi, pour une étape qui s'annonce particulièrement intéressante tant la lutte pour le podium sera serrée avant l'arrivée sur les Champs-Élysées dimanche. Et pour cause, derrière Froome, Romain Bardet, Nairo Quintana (3e), Adam Yates (4e) et Richie Porte (5e), se tiennent en 1 minute 06. Piment supplémentaire pour les rêveurs, le maillot jaune semblait bien amoché par sa chute hier à l'arrivée. De là à envisager une baisse de forme telle que le tenant du titre laisse ce samedi filer ses 4 minutes 11 d'avance sur son dauphin, il y a un monde.

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