Un livre dénonce l'« imposture » permanente de Domenech

Dans son ouvrage « Domenech, histoires secrètes d'une imposture », Bruno Godard révèle quelques infos sur l'entraîneur des Bleus, comme son goût pour l'argent, les billets de la Coupe du Monde 94 qu'il a revendus au black ou encore sa prétendue implication dans le retour de Zidane en 2006.

Les avocats de Raymond Domenech avaient mis en garde l'éditeur dès le 4 novembre, mais le livre « Domenech, histoires secrètes d'une imposture » paraîtra malgré tout jeudi. Signé Bruno Godard, l'ouvrage pointe du doigt l'imposture permanente à laquelle se livre Domenech et son recours systématique à l'humiliation. Comme preuve, un extrait que nous publions en exclusivité sur Rue89 : l'interview de l'ancien footballeur Robert Pires, l'un des moments forts du livre.

En mai 2006, il publiait « Les Bleus peuvent-ils vraiment gagner la Coupe du monde ? » (Hugodoc, 15 000 exemplaires vendus). Ce 21 janvier 2010, trois jours avant les 58 ans du sélectionneur des Bleus, il publie « Domenech, histoires secrètes d'une imposture », d'ores-et-déjà tiré à 40 000 exemplaires. L'auteur : Bruno Godard, ancien rédacteur en chef de Rolling Stone France et du mensuel de football Grand Stade, à présent journaliste indépendant. L'éditeur et l'auteur avaient reçu un recommandé le 4 novembre, sur injonction de Domenech, précisant qu'il attaquerait en cas de diffamation ou d'atteinte à la vie privée.

Charge contre le briseur de rêves

Bruno Godard est conforté par force enquêtes (auprès de Zidane et Thuram en 2006 et quelques témoins anonymes parmi lesquels on reconnaîtra Jean Tigana) et par des témoignages exclusifs, notamment les interviews cinglantes de Jean-Michel Larqué et Robert Pires.

Godard est devenu amoureux du football au moment où la France chantait « Les plus forts, évidemment c'est les Verts », au moment où les Bleus se constituaient un carré magique. C'est-à-dire avant le cynisme. Ne s'en prenant aucunement à l'intimité de Domenech, il fustige tout ce qui, chez lui, se voit et se calcule. Et avec Domenech, il y a de quoi faire.

Pour Godard, le « boss » des Bleus ne l'est plus depuis longtemps. Surtout depuis qu'il « a volé l'équipe de France aux supporters, tué la poule aux œufs d'or des annonceurs et brisé les rêves des enfants. » En « bon anarchiste qu'il a toujours voulu être, il y prend du plaisir ». Les relations de Domenech à l'argent, c'est aussi un des angles de tir de Godard. Ce livre est la suite de celui de Jennifer Mendelewitsch.

Impostures à répétition

Mais le fil conducteur du livre, c'est l'imposture. Le livre porte sur ces petites interprétations, ces petits glissements de sens, ces mensonges, qui ont fait de lui un « briseur de jambes », et le sélectionneur des Bleus. Quelques exemples :

Domenech joueur a bâti sa carrière sur une réputation de coupeur de jambes. Or, si le joueur était très rugueux, il n'a jamais brisé une guibole. C'est sur un seul fait de match que se fonde cette réputation. Et encore, ce 12 août 1970, ce n'est pas Domenech qui brise la jambe du défenseur niçois Metzner. Le vrai coupable, Jean Baeza, défenseur de Lyon avec Domenech, ne s'est jamais démasqué. Et Raymond, qui n'est pas un artiste, trouve là une occasion d'acquérir une réputation éternelle. Mais fausse. Un « assassin sans cadavre ».

L'amitié avec Aimé Jacquet : c'est grâce à son ancien coéquipier, puis entraîneur, que Domenech sauvera toujours sa tête. Et trouvera du travail : à la Direction technique nationale, à la tête des Espoirs (1993-2004) puis des Bleus. Jusqu'à la rencontre avec l'actuel patron de la FFF, Jean-Pierre Escalettes.

En pleine Coupe du monde 1994 aux USA, Domenech essaie de revendre au black des billets pour Bolivie-Corée du Sud. Billets qu'il n'a pas payés. L'affaire a été étouffée par la FFF.

En 2005, lorsque Zidane revient chez les Bleus, Domenech téléphone à Thierry Henri et lui fait croire qu'il est pour quelque chose dans le retour du messie. Faux.

Domenech, fils de républicain espagnol à l'image d'anarchiste, ne déteste pas l'argent. Déjà, en 1977, il gagnait 40 fois le Smic de l'époque. Sans être en rien supérieur à tout footballeur moyen.

Nourri de multiples infos et révélations ultra-vérifiées, le livre de Godard est une biographie à charge, une « bio non-autorisée », à l'anglo-saxonne.

« Domenech, histoires secrètes d'une imposture » (éd. Jean-Claude Gawsewitch, 254pp, 19.90 €)

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