Gérard Collomb, à l’hôtel de ville de Lyon, le 17 octobre 2018 © Tim Douet
Gérard Collomb, à l’hôtel de ville de Lyon, le 17 octobre 2018 © Tim Douet

Les enjeux de l’élection de Gérard Collomb

Ce lundi 5 novembre, Gérard Collomb va redevenir maire de Lyon. Le conseil municipal extraordinaire qui doit définitivement valider le retour de l’ancien ministre de l’Intérieur ne devrait être qu’une formalité. En revanche, le nombre de voix manquantes sera scruté avec attention. Il déterminera, en partie, la réussite du retour de Gérard Collomb.

Le lundi 5 novembre 2018 restera dans l'histoire des élections municipales comme une date charnière. Elle officialise le retour de Gérard Collomb : le jour où il reprend les rênes de la ville de Lyon. Cette élection au conseil municipal a bousculé tous les agendas, obligeant Étienne Blanc et Pascal Blache à se déclarer. Ils devraient être suivis par Nathalie Perrin-Gilbert, qui a choisi de se lancer après la réélection de Gérard Collomb. Le vote des conseillers municipaux ce lundi sera avant tout symbolique. L'ancien ministre de l'Intérieur sera, sauf séisme hautement improbable, réélu maire de Lyon. Il aborde toutefois ce scrutin avec inquiétude, comme le rappellent ses nombreux “visiteurs du soir”. “Il ne veut pas être élu, mais bien élu”, pointe un ancien élu à qui Gérard Collomb a confié ses états d'âme. En 2014, il avait obtenu 48 voix. Il espère faire à peu près autant trois ans et un passage ministériel plus tard. Quelques défections sont déjà programmées. Ainsi, les écologistes ne le soutiendront pas. La fédération PS a menacé d'exclusion les élus PS qui voteraient pour lui, mais cette menace ne fait trembler personne. Il devrait manquer une petite poignée de voix au final.

Un scrutin sur mesure

Le mode de scrutin baroque facilitera l'application des consignes, les cinq groupes qui composent la majorité appelant à voter pour Gérard Collomb. Le vote se fera à bulletins secrets, mais dans des conditions très publiques. Un isoloir sera à disposition de ceux qui en ressentent le besoin ; mais, pour les élus de la majorité, l'emprunter reviendrait à avouer publiquement qu'ils ont des choses à cacher. C'est donc sur les bancs de l'hémicycle qu'ils griffonneront leur bulletin de vote. “Une volonté claire de mettre la pression sur la majorité”, note Denis Broliquier, maire d'opposition du 2e arrondissement.

Remaniement interne

Pour s'éviter de mauvaises surprises, Gérard Collomb a aussi prévu de ne pas créer trop d'aigreur chez ses élus. La recomposition de l'exécutif municipal sera minimale. Loïc Graber, qui appréciait son nouveau poste d'adjoint à la culture, va ainsi conserver sa délégation. En redescendant d'un cran (premier adjoint), l'intérimaire Georges Képénékian sera désormais chargé d'un travail prospectif et de la cohésion de la majorité, fonction inédite. La nouveauté pourrait aussi venir de Gérard Collomb lui-même. Depuis son retour à Lyon, il manque de tribune publique pour s'exprimer. Ce lundi, il en aura une, construite sur mesure pour lui. “Il a repoussé l'annonce d'éléments programmatiques après son élection”, précise-t-on dans l'entourage du futur maire de Lyon. Sitôt élu, il devra aussi recomposer son cabinet. David Kimelfeld lui a mâché le travail en congédiant Arabelle Chambre-Foa et Jérôme Payen. Ils intégreront dans les prochains jours le cabinet du nouveau maire de Lyon.

Le début de la cohabitation

Ce 5 novembre sera aussi la journée où Gérard Collomb retourne à la métropole de Lyon. Les conseillers métropolitains sont en effet conviés le même jour pour une séance plénière. Mais, rue du Lac, Gérard Collomb siégera dans la “fosse”. C’est David Kimelfeld qui présidera la séance. Mais l'opposition, qui se plaît à imaginer que Gérard Collomb est le patron de fait de la collectivité, ne manquera pas une occasion de titiller l'ancien ministre de l'Intérieur. Les temps de parole accordés par David Kimelfeld à celui qui sera alors redevenu officiellement maire de Lyon donneront un élément de réponse. Et une idée du climat dans lequel se déroulera la cohabitation entre le maire de Lyon et le président de la métropole.

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