LEGISLATIVES : A LYON C'EST LA VAGUE ROSE

A sa propre surprise, elle en a gagné deux dimanche. A un an des municipales, Collomb commence à trouver que cela ne s'engage pas trop mal.

Dimanche soir, les Français se sont amusés à tourner en bourrique politiques et journalistes... Finalement, on avait du mal à définir l'info du soir : l'abstention record, signe d'un système électoral à réformer ? La majorité pour Sarkozy, confirmant l'envie de réforme des Français ? Le rebond de la gauche, au nom d'un nécessaire pluralisme et d'un refus de la TVA sociale ? Ou même la séparation Hollande-Royal ?

Cette soirée hors norme laissera des traces. A Lyon, Dominique Perben risque d'avoir longtemps "les boules". Alors que son camp a gagné les trois premiers tours, la gauche gagne le 4e, et le voilà affaibli. Il ne pourra pas compter sur Chabert à Villeurbanne, ni sur Hamelin et Dubernard à Lyon. On a beau dire que les élections législatives et municipales seront très différentes, Perben a manqué l'occasion de placer des pions.
Collomb célèbre "le modèle Lyonnais"
A l'inverse, Collomb a marqué des points. Le maire abordera la future campagne renforcé par le poids de ses adjoints-députés et d'une gauche en pleine bourre en Rhône-Alpes : aux victoires lyonnaises, se sont ajoutées la victoire de Queyranne, président de la Région, à Bron, et surtout celles de Régis Juanico et Jean-Louis Gagnaire à Saint-Etienne, celle de Geneviève Fioraso à Grenoble ou encore celle d'Olivier Dussopt en Ardèche, nouveau benjamin de l'Assemblée (28 ans). Une vraie vague rose !

Dans la refondation du PS qui va s'engager, Gérard Collomb devient naturellement plus audible : les succès de Touraine et Muet plaident pour lui. Alors qu'il avait boudé la Préfecture au soir du premier tour, il a paradé dimanche. Entouré de Touraine et Muet, premiers députés de gauche à Lyon depuis un certain Gérard Collomb en 1986, le maire de Lyon a vanté les mérites du "modèle lyonnais" : "C'est un modèle économiquement compétitif, socialement juste et qui se préoccupe du développement durable. Et, puisqu'on parle de rénovation du PS, j'aimerais bien qu'on puisse mettre en oeuvre ce modèle au niveau national." Le modèle lyonnais, c'est peut-être aussi l'entente cordiale PS-UDF. A Lyon, les voix centristes se sont à fond reportées sur la gauche ! Dimanche soir, Collomb n'a pas épilogué sur le sujet, se contentant de souligner ses excellents rapports avec Michel Mercier, président du Département et bras droit de Bayrou. Collomb était sans doute un peu échaudé par la volée de bois verts reçue par Ségolène Royal suite à son appel à une alliance avec Bayrou. A un an des municipales, le maire de Lyon veut éviter la foire d'empoigne au PS. Il appelle d'ailleurs ses amis à repousser d'un an les querelles internes et les choix difficiles : "Concentrons-nous sur les municipales ! Les Français viennent de nous donner une deuxième chance, ne la gâchons pas dans des combats de coqs."
Perben contesté
Pour Dominique Perben en revanche, c'est la soupe à la grimace. Dimanche soir, la question du son leadership sur la droite lyonnaise a été brusquement réouverte. Les millonistes, qui avaient commencé à se rapprocher, ont repris quelques distance... à l'image d'un Eric Roux de Béyzieux qui estime sur son blog qu'il est déjà "temps de penser au Lyon d'après" ! Entendez, d'après Perben, Dubernard, Hamelin... Il n'est pas le seul à le penser. Beaucoup à droite regardent déjà du côté du quadra Michel Havard (UMP), brillamment élu face au pourtant coriace Thierry Braillard (PRG). "Havard maire de Lyon, pourquoi pas ?" s'interrogeait ainsi Bernard Rey (UMP), adjoint du 3e. Beaucoup semblent avoir déjà enterré Perben. Est-ce ainsi qu'il faut comprendre la chaleureuse accolade d'Henry Chabert à Havard ? Chabert, lui, a lancé avec insistance : "C'est toi l'avenir de la droite à Lyon, tu le sais."
Connaissant l'homme, il y a peu de chance que Havard trahisse Perben en pleine campagne. Mais il s'est de fait imposé comme le numéro deux de la droite lyonnaise, en lieu et place d'Emmanuel Hamelin, défait dimanche.

On aurait pourtant tort de tirer des conclusions définitives sur la prochaine municipale. La gauche a gagné une bataille, mais c'est par défaut car la droite a oublié d'aller voter. Qu'en sera-t-il dans un an ? Les succès ou les échecs du Président Sarkozy auront certainement un impact décisif. Et les Lyonnais ne manqueront pas de se décider en fonction de la qualité des projets en compétition. Le combat restera incertain jusqu'au bout. La droite lyonnaise l'a appris dimanche à ses dépens : on peut partir gagnant pendant des mois... et avoir la gueule de bois au soir du dernier tour.

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