Campagne de Collomb : grève du zèle au PS

Il y a en effet comme un malaise au PS. Le vote des listes lyonnaises n'a pas attiré les foules. Et pour cause, beaucoup de militants ont le sentiment de ne pas avoir été associés par un maire qui fait tout pour mettre son étiquette PS dans sa poche... Le courant NPS a même appelé à ne pas ratifier les listes Collomb. Alors qu'ils représentent 20 % du parti, l'aile gauche du PS n'aura aucun représentant dans aucun des arrondissements de la ville. C'est encore moins qu'en 2001, avec Barbara Romagnan et Jean-Bernard Suchel, deux figures populaires qui ont depuis quitté Lyon... "Tous ceux qui ne sont pas godillots ne sont pas sur les listes. C'est 100 % Gérard Collomb, ou pas. Pourtant, théoriquement ce sont les listes du PS. On n'est pas en monarchie" dénonce Yann Crombecque, chef de file du NPS, qui souligne les dangers de cette dérive : "Après on ne peut pas demander aux militants dont les noms ont été rayés parce qu'ils ne faisaient soit-disant pas preuve d'un engagement total derrière Collomb, de se mobiliser à fond pour la campagne. Les campagnes de terrain, ce ne sont pas forcément les têtes de liste qui les font... mais bon, peut-être qu'une campagne uniquement médiatique peut marcher." Même s'il précise que "notre ennemi, c'est la droite. Si on me sollicite pour la campagne, je serai là", il avoue que "l'ouverture" à des Sarkozystes passe très mal : "Il y aura plus de non-PS que de PS au conseil municipal... Richard Brumm est très sympa, mais c'est inacceptable. C'est une question de cohérence politique. On ne peut pas avoir d'un côté Hollande qui dit que les élections municipales seront le premier test de la politique de Sarkozy, et de l'autre avoir des sarkozystes sur nos listes... Mais le vrai problème, c'est qu'on ne peut discuter de rien. Ni de la stratégie, ni du projet. Si on veut que les militants mouillent la chemise, il faut les associer. Pour l'instant, la stratégie de Collomb c'est de dire : "Je n'ai pas besoin de tout le monde. De toutes façons, ils n'ont pas le choix, c'est Perben ou moi". Ça vaut aussi pour les électeurs.

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