Longtemps réservé à une poignée d’adeptes, l’échange de maisons se développe aussi à Lyon qui compte à présent plus de 2 000 logements “échangeables”. Face à l’envolée des prix de l’hébergement, cette formule collaborative permet de voyager autrement tout en protégeant son pouvoir d’achat.
Dans The Holiday, la comédie romantique culte sortie en 2006, Cameron Diaz et Kate Winslet décident d’échanger leurs maisons de part et d’autre de l’Atlantique pour fuir leurs déboires amoureux. L’une quitte sa villa californienne pour un cottage anglais enneigé, l’autre découvre Los Angeles et tombe sur Jude Law. Vingt ans après, le scénario n’a plus rien d’extravagant. L’échange de maisons connaît en effet un essor spectaculaire. Porté par la flambée des prix de l’hébergement touristique (les tarifs ont encore augmenté de +3,4 % l’an dernier selon l’Insee) et la recherche d’expériences plus authentiques, il séduit désormais des centaines de milliers de voyageurs.
Un marché que se partagent plusieurs plateformes internationales, avec pour chacune des règles différentes [lire encadré]. Le leader du marché, la plateforme de mise en relation des “échangeurs” HomeExchange, cumule aujourd’hui plus de 200 000 membres et 360 000 logements partout dans le monde. Elle enregistre cette année une hausse de +38 % du nombre de séjours dans le monde, et +44 % en France.
La France occupe d’ailleurs la première position mondiale en nombre d’annonces sur HomeExchange, avec environ 80 000 logements référencés, soit un tiers du marché mondial, en cohérence avec son statut de première destination touristique de la planète. La région Auvergne-Rhône-Alpes figure parmi les plus dynamiques : plus de 10 000 échanges ont été recensés durant la seule saison estivale, soit une progression de +50 % par rapport à l’année précédente.
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Dans Lyon et sa première couronne, on compte aujourd’hui environ 2 000 maisons et appartements disponibles à l’échange, contre 1 200 avant la pandémie, soit une hausse de près de +60 % en quelques années. Cette vitalité lyonnaise s’explique aussi par l’histoire locale : Lyon est le berceau de la start-up NightSwapping, une plateforme d’échanges de nuits entre voyageurs, née à la Croix-Rousse, avant d’être rachetée en 2019 par le géant HomeExchange.
Plus de budget, plus de vacances
Parmi ces voyageurs, Claire et Thomas, deux quadragénaires du 4e arrondissement de Lyon, ont laissé les clés de leur appartement à un couple américain pour s’envoler vers une villa avec piscine à Miami. Coût de l’hébergement : zéro euro. “Quand on raconte ça à nos amis, ils pensent toujours qu’il y a un piège. En réalité, c’est devenu plutôt courant. L’offre est assez large. Il y a du choix. Il faut juste compter une caution de 500 euros”, sourit Thomas.
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“Au départ, on cherchait simplement à réduire le budget vacances”, abonde Marion, 39 ans, enseignante dans l’Ouest lyonnais. “Avec trois enfants, partir quinze jours en Espagne représentait facilement 2 000 ou 3 000 euros d’hébergement. Grâce à l’échange de maisons, on a pu découvrir Barcelone, puis Montréal, sans cette dépense.” Un choix judicieux quand on sait que l’hébergement pèse en moyenne pour 35 % du budget total d’un séjour. Comme le souligne Sandrine, une utilisatrice conquise : “L’économie réalisée permet de prolonger ses vacances ou de s’offrir de bons restaurants.”
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Ils ont échangé leur appartement lyonnais contre une villa à Miami