Le poil du temps

Prenant pour point de départ un simple fait divers parue dans le New York Times en 1872, Delphine Balley, jeune photographe lyonnaise, met en espace une quinzaine d'images subtiles et diablement belles .

"J'ai voulu mettre en scène différentes étapes de ce drame invraisemblable" : l'artiste le traduit et l'interprète très joliment tout en réutilisant de nombreux ingrédients esthétiques du XIXe siècle. Comme dans un manoir anglais, elle nous présente à l'orée de l'exposition toutes les personnes de la famille, toutes les générations, encadrées de dorures fanées par le temps. Comme dans un livre de Dickens, l'histoire semble s'animer et de multiples indices nous forcent à mener une enquête personnelle. La mère possessive et castratrice voyage de photos en photos jusqu'à disparaître et ne laisser que la trace de cette tresse, son butin. Cet objet circule, investi chaque objet et élément des photos. Tout l'espace devient le témoin de cet acte œdipien...

Touchantes et farfelues, ces images sont aussi menaçantes et macabres. Le temps devient lourd et lent, cela provoqué par notre peur de revenir sur des conflits familiaux perturbant, que l'on désirait à jamais oubliés.

Philippe Chevrot

Delphine Balley, jusqu'au 30 novembre, Le Réverbère, 38, rue Burdeau, Lyon 1. 04 72 00 06 72 ou www.galerielereverbere.com

à lire également
Le musée des Confluences propose une nouvelle exposition temporaire. Du 21 décembre, demain, au 28 juin 2020, les visiteurs pourront découvrir l’histoire d’insectes extraordinaires : les coléoptères.
d'heure en heure
d'heure en heure

derniers commentaires

réseaux sociaux
Faire défiler vers le haut