Ernesto Sartori diago verte
Caroline Donnelly et Deborah Rouach dans “Cendrillon” de Joël Pommerat © CiciOlsson

Expo : Ernesto Sartori ou l’obliquité du monde

Ernesto Sartori, vue de l’exposition “Marilyn vos Savant” © Mireille Tatangelo

Ernesto Sartori, vue de l’exposition “Marilyn vos Savant” © Mireille Tatangelo

Dans l’espace longitudinal du centre d’arts plastiques de Vénissieux, l’artiste Ernesto Sartori a introduit la pente, l’oblique en réplique. À l’origine de ses modules, sculptures-architectures où le triangle est roi, une pratique picturale (accrochée en vis-à-vis) qui érige un monde – une jungle presque, par la représentation d’une certaine violence – de guingois, en creux et en reliefs biseautés, où évoluent en rampant et se confondent hommes et animaux.

Ernesto Sartori, vue de l’exposition “Marilyn vos Savant” © Mireille Tatangelo

Ernesto Sartori, vue de l’exposition “Marilyn vos Savant” © Mireille Tatangelo

À partir de ce paysage fictionnel, Sartori crée des œuvres tridimensionnelles qui articulent le plein et le vide, le brut et le coloré (zones de couleurs pastel), le vertical et la diagonale, le minutieux et le brouillon, et mêlent des problématiques de volumes, de lignes et de surface propres à la sculpture, au dessin et à la peinture.

Salutaire

Dans ce monde énigmatique et obsessionnel de l’oblique, le visiteur fait non seulement des allers-retours entre l’imaginaire représenté en peinture et les sculptures au sol, mais aussi un crochet par l’atelier de l’artiste. En effet, sur une sorte de table de travail, Sartori dispose et dissimule divers objets, des lunettes de protection, un néon cassé, une poignée de carton à dessin, des petits objets de rien qui peuplent les ateliers et ponctuent ici l’installation.

Avec un sens aigu de la composition, l’artiste italien développe un art complexe qui montre ses conditions de création en même temps qu’il interroge la norme, l’orthogonalité du monde qui nous entoure. Une invitation à voir de travers salutaire.

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Ernesto Sartori – “Marilyn vos Savant”. Jusqu’au 22 mars, au centre d’arts plastiques de Vénissieux, 12 rue Eugène-Peloux.

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