Un RER à la lyonnaise : maintenant ou jamais ?

Lyon va-t-il avoir un jour son Réseau Express Métropolitain ? Le groupe UDI Métropole insiste sur la nécessité d’une concertation rapide pour mener à bien ce projet sans attendre les élections.

Si la métropole de Lyon veut son RER, elle va devoir se lancer avant les élections. En effet, Élisabeth Borne, ministre de la Transition écologique en charge des Transports a annoncé débloquer 2,6 milliards d’Euros pour permettre l’application du plan mobilité dans les régions de Bordeaux, Toulouse, Marseille, Strasbourg et également en agglomération lyonnaise. Pour l’ancienne présidente de la RATP, devenue ministre des Transports, l’objectif à court terme est d’aider à la création "d’un RER à la lyonnaise". Ainsi, avant fin 2019, elle attend un schéma national des RER métropolitains qui passera obligatoirement par un consensus entre la région et la métropole pour mener à bien ce projet.

L’UDI veut apporter son "expertise"

Depuis mars 2018, le groupe UDI Métropole défend cette idée d’un Réseau Express Métropolitain devenue un objectif affiché à défendre lors de campagne des élections locales de 2020. Avec l’annonce d’Elisabeth Borne, ce calendrier est désormais bousculé et l’UDI a rappelé les détails de son projet lors d’une conférence de presse mardi 4 juin.

Le REM repose sur un plan ambitieux comprenant "la transformation de 35 gares SNCF de l’agglomération en pôle multimodal", selon l’UDI, mais aussi la nécessité de "désengorger le nœud ferroviaire lyonnais". Pour cela, il faudra obtenir l’accord de la SNCF pour élargir de 2 à 4 voies l’axe Lyon Grenay au sud de l’aéroport de Saint-Exupéry. Le groupe UDI propose également une étude concernant le doublement du tunnel de 24 km reliant St Irénée à Fourvière.

Pour l’UDI, deux lignes de REM pourraient ainsi voir rapidement le jour : le REM A de Mâcon à Jean-Macé, et le REM B de Roanne à Grenoble, en passant par Lyon et Vénissieux. À l’horizon 2040, ils pourraient être rejoints par le REM C entre Ambérieu, Lyon et Vienne et le REM D de Bourg à Saint-Etienne via Rilleux et Lyon.

Proposer des alternatives à la voiture

L’objectif affiché reste d’éviter la saturation des axes routiers en proposant d’autres modes de déplacement pour les 120 000 travailleurs de l’agglomération qui empruntent chaque jour leur véhicule pour se rendre au centre. En ville, l’UDI suggère "de multiplier les modes transports urbains : vélo, bus, métro, mais aussi trottinettes électriques", associés à la création de parking relais et la poursuite du déclassement de l’axe A6/A7. La création d’une tarification unique permettant de circuler aussi bien sur le réseau TER que TCL est également en débat. Côté budget, le groupe UDI qui espère s’appuyer sur un soutien de l’État à hauteur de 50 % ainsi que du soutien des collectivités territoriales pour mener l’amorce du projet estimée à 1 milliard d'euros.

Une première étape vient d’être franchie à l’Assemblée nationale qui vient de voter un amendement à la loi mobilités permettant au Sytral et la métropole de pouvoir financer des services ferroviaires. Néanmoins l’avenir du REM lyonnais est désormais entre les mains de Laurent Wauquiez et de David Kimelfeld qui devront s’accorder ensemble. L’horloge tourne et si rien n’est fait d’ici 2019 le RER à la lyonnaise pourrait ne pas voir le jour.

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