robot chirurgical
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Robotique : "la machine rend le chirurgien meilleur"

Le centre hospitalier Lyon-Sud ouvre les portes du premier centre de chirurgie robotique en Rhône-Alpes. Une avancée technique considérable mais qui ne met pas pour autant le chirurgien au placard.

Le premier centre de chirurgie robotique de Rhône-Alpes ouvre ses portes à l’hôpital Lyon-Sud. Après la chirurgie cœlioscopique, l’assistance robotique au chirurgien apparaît comme une nouvelle étape dans l’acte chirurgical dit "sans cicatrice". Le robot est équipé de trois bras, deux portant les instruments et le troisième étant le support de la caméra. Le chirurgien qui se trouve dans la salle d’intervention, à quelques mètres du patient, commande le robot à l’aide de deux manettes d’une très grande sensibilité. Pas de machine qui opère seul pour le moment. Par contre, "le robot rend le chirurgien encore meilleur", pour le professeur Ruffion, chef du service d’urologie.

Pourquoi un robot en chirurgie ?

Le robot Da Vinci permet au chirurgien de gagner en aisance de mouvement avec des rotations à 360° impossibles à réaliser avec un poignet humain ainsi qu’une très grande stabilité du geste. Le praticien bénéficie également d’une vision en trois dimensions qu'il avait perdu avec la coelioscopie. Pour le patient, l’intérêt est au moins aussi grand, puisque la minutie de l’appareil réduit les pertes sanguines lors de l’intervention et ne nécessite que quelques petites "boutonnières" pour permettre le passage des instruments. Les douleurs post-opératoires sont ainsi limitées, la convalescence, raccourcie, et la reprise d’activité, beaucoup plus rapide. Une technique bien moins traumatisante pour l’organisme qui trouve sa meilleure application dans le traitement chirurgical du cancer de la prostate. La précision de l’appareil permet en effet d’exécuter l’ablation de celle-ci de la manière la moins traumatisante possible, afin de préserver l’érection.

"Opérer avec un robot n’est plus de la science-fiction"

Pour autant, l’utilisation du robot Da Vinci à des fins opératoires n’est pas nouvelle, puisque le CHU l’emploie depuis sept ans déjà. "Nous avons fini la phase d’apprentissage. Nous sommes arrivés maintenant à maturité", juge Marc Colombelle, chef du service de chirurgie robotique. En fait, la nouveauté réside dans la concentration de toutes les spécialités chirurgicales sur le même site pour l’utilisation de ce robot. Si l’urologie a été la première à y avoir accès, c’est maintenant le chirurgie gynécologique, digestive, ORL, cardiaque et pédiatrique qui ont accès à cette technologie. Le service de chirurgie robotique ne se contente pas seulement d’utiliser le Da Vinci, puisqu’il est également acteur du développement de la robotique chirurgicale. "Opérer avec un robot n’est plus du domaine de la science-fiction. Il y a de grands espoirs. Nous nous investissons aux cotés d’entreprises rhône-alpines de micromécanique", précise le professeur Colombelle.

Si, grâce au robot, 500 patients ont été opérés depuis sept ans, l’équipe médicale espère reproduire ce chiffre chaque année avec l’ouverture du service de chirurgie robotique et l’allongement des créneaux d’ouverture du bloc. Pour le professeur Collombet, ce service est "une chance que les hospices civils ont su saisir".

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