Renault Trucks poursuit l'expérimentation de son hybride

Après le Grand Lyon, ce sont Coca Cola et Colas (Bouygues) qui vont tester des poids lourds fonctionnant à l'essence et à l'électrique. Un procédé, inspiré de la Prius de Toyota, qui réduit de 20 % la consommation de carburant. Commercialisation prévue en 2011.

Deuxième étape pour Renault Trucks dans le lancement de son camion hybride. Le Renault Premium Distribution Hybrys Tech, excusez du peu, est un beau bébé, de 320 à 340 chevaux et pesant de 19 à 26 tonnes. La firme au losange expérimentait déjà au Grand Lyon un véhicule benne pour le ramassage des ordures ménagères depuis plus d'un an. Les 5000 heures d'exploitation ont permis aux ingénieurs d'apporter quelques améliorations. Ce sont à présent deux groupes qui testent ce nouveau prototype : Coca Cola Belgique et Colas, filiale du groupe Bouygues, spécialisé dans la construction et l'entretien des routes. Ces modèles ont été assemblés à Bourg-en-Bresse tandis que la première génération de bolides sortait de Saint-Priest.

Jusqu'alors "le marché n'était pas mûr"

"Il s'agit en réalité de configurations différentes d'un même véhicule", précise Fabrice Piombo, chargé de presse chez Renault Trucks. "On va multiplier les tests en 2010. Notre but est d'acquérir un maximum de données en condition réelle d'utilisation", indique-t-il.

Le temps presse : les premiers poids-lourds de ce nouveau genre pourraient être commercialisés dès l'an prochain. "Tous les constructeurs travaillent sur leur modèle hybride, remarque Pascal Stich, rédacteur en chef du mensuel France Routes. Renault n'est pas à la traîne mais elle n'est pas le seul à le faire. Cette technologie n'est d'ailleurs pas nouvelle : elle existe depuis longtemps mais était en sommeil. Le marché n'était pas mûr et aujourd'hui encore ces ventes sont marginales". Mais elles pourraient croître rapidement aussi les constructeurs se positionnent-ils dès maintenant.

Son terrain : la ville

Comme pour la Prius de Toyota, la batterie électrique n'a pas besoin d'être rechargée : l'énergie cinétique du véhicule est tirée du freinage. Elle est ensuite restituée lors de la phase du démarrage, lorsque le moteur consomme le plus. Le moteur thermique (essence) prend le relais à partir, grosso modo, de 20 km/h. Voilà pourquoi ces petits engins, plus silencieux, sont particulièrement adaptés à la ville, où la conduite est moins rapide et plus saccadée, rythmée par de nombreux freinages.

En fonctionnement normal, les véhicules roulent le plus souvent au-delà de ce seuil, aussi les gains en consommation de pétrole et en émission de CO2 ne sont-ils au final que de 20 %. Les hybrides ne sont donc pas les véhicules verts du futur mais une avancée, une étape intermédiaire dans la réduction de consommation d'hydrocarbure. A condition d'accepter d'en payer le prix, beaucoup plus élevé qu'un camion standard.

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