Trottinettes électriques sur les quais de Rhône près du parc de la Tête d’Or à Lyon © Lyon Capitale

Lyon : les trottinettes électriques, pas si écolos que ça ?

Selon une étude publiée le 2 août les trottinettes électriques en libre service seraient plus polluantes que les bus à forte fréquentation, les vélos électriques et les vélos, mais toujours moins que les voitures individuelles. D'après les auteurs, ces deux roues “ne réduisent pas nécessairement les impacts environnementaux du système de transport”. À Lyon on estime à près de 5000 le nombre de trottinettes électriques déployées dans la ville.

Dans une étude publiée le 2 août, des scientifiques de la North Carolina State University ont calculé l'impact moyen en gaz à effet de serre des trottinettes électriques, rapporte le magazine Uzbek & Rika. Selon les chercheurs, l'impact de ces deux roues serait de 202 g de gaz à effet de serre par passager et par mile (1,6 km) parcouru. Parmi les émissions de gaz à effet de serre 50 % sont liées à l'origine des matériaux utilisés et à leur assemblage, 43 % à la collecte et distribution des deux roues et 4,7 % à leur recharge. 

Améliorer collecte et durée de vie

La moitié des émissions étant due à la conception des trottinettes électriques, il serait possible d'influer sur celles-ci en améliorant la collecte et la mise en place de ces deux roues dans les différentes villes où elles sont présentes, mais aussi en améliorant leur durée de vie.

Nous illustrons le potentiel de réduction des impacts du cycle de vie sur le réchauffement de la planète par l'amélioration des méthodes de collecte et de recharge des trottinettes, y compris l'utilisation de véhicules éconergétiques pour la collecte (avec un rendement de 177 g CO2-eq/passager-mille), la limitation de la collecte à ceux dont la batterie est faible (164 g CO2-eq/passager-mille) et la réduction des distances à parcourir pour collecter et distribuer les trottinettes électriques (147 g CO2-eq/passagermille). Les résultats s'avèrent très sensibles à la durée de vie des trottinettes électriques ; l'utilisation des trottinettes électriques partagés pendant deux ans réduit les émissions moyennes du cycle de vie à 141 g CO2-eq/passager-mile”, est-il écrit dans l'étude. 

Plus polluant que le bus et le vélo, moins que la voiture

Jusqu'ici d'après une étude menée en août 2018 à Louiseville dans le Kentucky la durée de vie moyenne de ces véhicules en libre service était de 28,8 jours. Une faible résistance qui fait encore de la trottinette électrique un moyen de transport plus polluant que d'autres. “Les trottinettes électroniques sans quai ont toujours un impact plus important sur le cycle de vie du réchauffement de la planète que l'utilisation d'un autobus à forte fréquentation, d'un vélo électrique ou d'un vélo par passager-kilomètre parcouru”, assurent les auteurs de l'étude. “Cependant, le choix d'une trottinette électronique plutôt que de conduire une automobile personnelle”, nuancent-ils. Et d'ajouter : “Pris dans leur ensemble, ces résultats suggèrent que, bien que les trottinettes électroniques puissent être une solution efficace à la congestion urbaine et au problème du dernier kilomètre, ils ne réduisent pas nécessairement les impacts environnementaux du système de transport”.

Centraliser la collecte

Les scientifiques font des propositions pour les villes et les opérateurs pour améliorer la qualité énergétique des trottinettes électriques. Ils suggèrent notamment de permettre aux deux-roues “de rester présents en ville la nuit”, notamment ceux presque complètement chargés, “d'exiger une gestion centrale ou des processus améliorés de collecte des trottinettes électroniques pour réduire le nombre de kilomètres parcourus pour la collecte et la distribution” et “d'adopter ou appliquer des politiques de lutte contre le vandalisme afin de réduire l'utilisation abusive ou les mauvais traitements des trottinettes électriques”. 

Concernant les fabricants, les auteurs leur conseillent “de prendre des mesures significatives pour réduire la charge du cycle de vie de leurs produits”, “de réduire le fardeau de la collecte et de la distribution en encourageant ou en exigeant l'utilisation d'automobiles efficaces” et aussi de “réduire le nombre de kilomètres parcourus par les véhicules pour la collecte et la distribution grâce à une gestion centralisée ou en permettant aux chargeurs de "réclamer" des trottinettes électroniques pour éliminer la conduite inutile et concurrentielle pendant la collecte quotidienne”. 

“Are e-scooters polluters ? The environmental impacts of shared dockless electric scooters”, Joseph Hollingsworth, Brenna Copeland and Jeremiah X Johnson, 2019 Environ. Res. Lett. 14 084031 

5 commentaires
  1. Galapiat - 6 août 2019

    le plus écolo des moyens de transport, le char à bœuf !!, son problème le stationnement. Rien des nouveautés ne sont écolos fabrication de l'acier, des batteries, des pneus et important la recharge, la bonne vieille bagnole diesel a encore de beaux jours , bien entretenue elle peut durer plus de 25 ans effectuer 400000km, surtout si elle à l'avantage de ne pas être équipée des gadgets à la mode, qui eux ne tiennent pas dans le temps (obsolescence programmée !!) pour peu que l'on conduise en père de famille.

    1. Abolition_de_la_monnaie - 6 août 2019

      Ouf, tant que c'est "un bon père de famille" qui conduit un diésel polluant qui répand des matières cancérigènes dans l'environnement de tous, alors ça va : ;o)

  2. Galapiat - 7 août 2019

    il eu mieux valu que le tien utilise un Durex

    1. Abolition_de_la_monnaie - 7 août 2019

      oui, ça vous aurait évité d'avoir une personne en face de vous qui explique que vous êtes par votre comportement avec votre voiture diésel, le symbole de la destruction de notre humanité.

  3. Bernard Girard - 7 août 2019

    On voit que parmi les émissions de gaz à effet de serre 50 % sont liées à l'origine des matériaux utilisés et à leur assemblage, 43 % à la collecte et distribution des deux roues et 4,7 % à leur recharge.

    Le roulage n'entre donc que pour un vingtième de la production de GES totale : En soi rouler en trottinette électrique serait relativement raisonnable.
    Si vous conserver une trottinette (personnelle) deux, trois ou quatre ans - au lieu d'un mois - vous "amortissez mieux" l'émission de GES liée à sa fabrication.
    Et puisque cette trottinette est personnelle, l'émission résultant de la collecte et de la distribution va également bien diminuer.
    De plus vous ne l'abandonnerez probablement pas n'importe où sur le trottoir après utilisation, ce qui fait qu'elle gênera moins les piétons ?

    Donc c'est le modèle d'affaire en free floating qui est fondamentalement m.rdique. Pas l'engin trottinette en lui même (enfin, pas trop, beaucoup moins qu'une voiture d'une tonne).

    Un vélo non électrique l'est encore moins, mais il faut admettre qu'il rentre moins facilement dans l'ascenseur si vous vivez en étage et n'avez pas de quoi le garer en sécurité en bas de votre immeuble.

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