Les élus sont-ils indifférents à la question Roms ?

Ils étaient une dizaine lundi 22 mars, rassemblés devant le parvis du Grand Lyon avant la tenue du conseil communautaire. Membres d'associations pour la plupart, ils voulaient alerter les élus sur la situation de 600 à 800 Roms qui tentent de vivre dans l'agglomération.

Depuis une dizaine d'années, les Roms sont régulièrement expulsés de leurs squats et bidonvilles sans que des solutions de relogement leur soit proposées (voir notre article). Ce lundi soir, c'est justement l'inaction de l'État et de la communauté urbaine de Lyon que le collectif Rroms tente de mettre en cause. Pour dénoncer cette situation, les membres du collectif vont jusqu'à tracter en marge du conseil communautaire pour interpeller les élus. « Nous sommes ici pour pousser les élus à prendre des résolutions car nous sommes dans une situation de non réponse du préfet. », explique Alain Veysset, animateur du collectif Rroms. Selon lui, c'est à la communauté urbaine de lancer des initiatives et non aux élus locaux : « Les maires reçoivent des squats et des bidonvilles qu'ils n'ont pas demandé. Si ils prennent des initiatives, ils pensent qu'ils vont attirer toute la misère du monde dans leur commune. L'initiative devrait donc partir du Grand Lyon. »

La politique de l'autruche

La manifestation reste timide et peu d'élus s'arrêtent ou se joignent au rassemblement, à l'exception de Roland Jacquet, conseiller délégué PC à la communauté urbaine. Celui-ci confie : « Certains élus sont tout à fait disposés à prendre des mesures en faveur de la scolarisation, de l'insertion et de l'emploi de ces personnes. Néanmoins, sans logement, ce n'est pas possible. » Une première action dans ce sens avait été prise en décembre 2007. La préfecture du Rhône, le département et le Grand Lyon avaient signé une convention, MOUS, qui prenait en compte l'habitat précaire. Mais en juin 2008, Jacques Gérault, nouvellement arrivé au poste de préfet, avait dénoncé cette convention, enterrée ensuite par le Grand Lyon et le Conseil Général. A la question, « Pourquoi ça bloque ?  », les membres du collectif ont d'ailleurs tous la même réponse : « Demandez donc à Gérard Collomb ! ». Bernard Langin, délégué régional de Médecin du Monde a néanmoins son avis sur la question : « L'expulsion est une politique sciemment appliquée. Le but est de les empêcher de se fixer et de les rendre invisibles. Si on ne les voit pas, il n'y a pas de problème.

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Alors que certains ont déjà commencé leur cursus universitaire, beaucoup d'étudiants recherchent encore un logement à Lyon. Ces derniers font face à de nombreuses difficultés, notamment les critères d'admission qui deviennent de plus en plus sélectifs. Pour les étudiants étrangers, la situation se complique davantage.

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