Les défis des prochains élus à Lyon : une ville asphyxiée par les bouchons

Avec 12 000 habitants de plus par an en moyenne, l’agglomération lyonnaise voit son réseau routier se saturer au fil des années.

Au fil du mandat, la situation s’est fortement dégradée dans les transports. En 2013, l’étude Inrix estimait que les Lyonnais perdaient 46 heures dans les bouchons chaque année. Six ans plus tard et toujours selon Inrix, une société qui analyse la circulation dans le monde entier, ils ont passé près de 100 heures supplémentaires dans les embouteillages.

“La circulation automobile s’est détériorée, car nous avons voulu restreindre la place de la voiture en ville. Nous sommes aux capacités minimales et aujourd’hui dès qu’un endroit est bloqué, toute l’agglomération thrombose. Nous avons bien fait de réduire la place de la voiture, mais nous n’avons peut-être pas assez de solutions alternatives”, soulignait Jean-Luc Da Passano, vice-président de la métropole chargé des grands ouvrages, dans un dossier spécial transport de Lyon Capitale.

Quelles infrastructures ?

Avec Gérard Collomb, il a participé à la mise en place, de manière plus empirique que dogmatique, d’un système de régulation par la congestion. Depuis 2001, entre les réaménagements de certains axes comme Garibaldi ou Mermoz, les bus en site propre ou les tramways, le nombre de voiries a été restreint. La taille critique a été atteinte. Mais dans le même temps, la métropole a gagné 12 000 habitants par an en moyenne. Et chaque jour, 180 000 salariés qui vivent hors de l’agglomération viennent y travailler.

Cette pression extérieure génère désormais des nuisances sur l’ensemble du territoire métropolitain. Dans le Val de Saône, les maires se plaignent du flot de véhicules qui viennent le matin de Trévoux et des environs. Dans l’Est, les édiles évoquent la pression exercée par le développement du Nord Isère et de la plaine de l’Ain. La liaison avec Saint-Étienne, tous modes de transport confondus, ne s’est pas arrangée.

La pression externe souligne les besoins en grandes infrastructures : Anneau des Sciences, contournement est-ouest, nœud ferroviaire ou lignes de métro voire de RER. Autant de sujets sur lesquels Gérard Collomb témoigne aujourd’hui d’une détermination qu’on ne lui a pas connu pendant l’essentiel de ces trois mandats. La plupart de ses rivaux proposent de mettre l’accent sur les modes doux ou le réseau TCL. Voiture ou transports en commun, c’est l’enjeu de cette campagne. Et donc des dix ans à venir.

[Article issu de notre hors-série spécial élections à retrouver ici]

1 commentaire
  1. Limas69 - 13 mars 2020

    Tiens, un article factuel, ça change ! Le diagnostic est posé et les solutions proposées sont quand même connues depuis des années, notamment au niveau des transports en commun ... 10 ans que j'entends parler du "barreau" RER Macon - Vienne - St Etienne ... et ... rien !!! Ah si, moins de place pour la voiture, ça ça marche !!! et tout le monde s'en plaint car on génère encore plus de pollution dans les bouchons !!!

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