Le quartier Grôlée va-t-il reprendre vie ?

Vendus à un fond d'investissement américain par la municipalité (ce qui avait à l'époque provoqué un tollé), ces immeubles haussmaniens du 2e avaient ensuite été cédés à la découpe. La société foncière Docks Lyonnais avait finalement racheté - 90 millions d'euros - les pas-de-portes en vue de faire venir des enseignes prestigieuses. Mais le petit bijou de la Presqu'Ile tarde à apparaître. Les Docks ont en effet dans un premier temps voulu attendre que tous les locaux commerciaux soient libérés. Plusieurs agences de voyage sont donc parties ; le café Raconte-moi la Terre a déménagé. Laissant le quartier à moitié désert. "C'est devenu sinistre", déclarait même l'an dernier Bruno Tarlier, vice-président à la CCI de Lyon, chargé du commerce.

Up ou down in Lyon ?
Face à ce constat, les Docks lyonnais semblent avoir changé leur stratégie, et lancent la commercialisation - audacieusement baptisée Up in Lyon - même si de longues procédures judiciaires sont toujours en cours avec des locataires (8 % de l'ensemble, dixit Catherine Camus).
Sur les 19 000 m2 de surface commerciale disponibles, la moitié environ est encore occupée. "Nous ne voulons pas chasser les gens", assure Catherine Camus, responsable du dossier chez les Docks lyonnais, via la société Shaftesbury, madatée pour assurer la gestion de ce portefeuille immobilier.

Pour eux, il n'y a pas de comparaison possible avec le bailleur ANF qui augmente tous les loyers de la rue de la République et contraint les petits commerces à partir au profit d'enseignes de mass market. "Pour Grôlée, il s'agit de dessiner un quartier qui soit un lieu de vie, où les gens se donnent rendez-vous, prennent un verre, déjeunent et flânent, projette Catherine Camus. Et pas seulement dans lequel ils se rendent le samedi pour faire du shopping. Nous ne souhaitons pas faire de la rue Grôlée une rue Montaigne bis où on ne trouve que des marques". Seule au milieu de rues de plus en plus désertes, la boutique de vêtements très haut de gamme Zilli, attend ses nouveaux voisins, qu'elle espère être "du même standing". Les loyers pratiqués rue Grôlée seront, assure Catherine Camus, les mêmes que ceux de la Presqu'Ile, "entre 400 et 2000 euros par mois".
Pour l'heure, "rien n'est signé, crise oblige, confesse Catherine Camus. Mais nous sommes en contact avec une centaine de clients européens potentiels".

A suivre...

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