Le microcrédit, du Nord au Sud... en passant par Lyon

Une façon originale de présenter ce qu'est la finance solidaire.

A l'origine, il y a l'argent des épargnants de France que l'association Ecidec propose de 'placer' dans un produit d'épargne solidaire : le Prêt Coup de Pouce. L'épargnant prête au minimum 300 euros sur 30 mois (ce qui correspond à 5 cycles de microcrédit de 6 mois pour les bénéficiaires) sans percevoir d'intérêt. Ensuite, Ecidec prête l'argent à des institutions de microfinance locales (au Bénin et au Sénégal) qui mettent en œuvre les programmes de microcrédit. Et au final, ce sont aujourd'hui 3 000 familles qui bénéficient d'un microcrédit. 'En accédant à des fonds, les porteurs de projet développent leurs activités et améliorent leurs revenus, explique Magali Héraud-Arouna, coordonatrice d'Ecidec. Dans un premier temps, les plus vulnérables sortent de l'emprise des usuriers auprès desquels ils sont endettés. Puis, les bénéfices servent à améliorer l'alimentation (1 repas de plus par jour) et à scolariser les enfants.'

'Donner du sens à l'argent'
Au Nord, Grâce à la labellisation 'Finansol', label des finances solidaires qui garantie la transparence et l'éthique, l'épargnant sait où va son argent. 'La finance solidaire offre une alternative à la finance spéculative, poursuit Magali Héraud-Arouna. N'oublions pas que quand on épargne dans une banque, on prête de l'argent à cette banque... Peut-on prêter son argent à quelqu'un qui ne partage pas nos valeurs ou qui participe à des entreprises que nous ne cautionnons pas voir que nous condamnons ? L'épargne solidaire est un moyen concret pour donner du sens à l'argent et pour lui rendre son utilité première : être un outil au service de l'homme, et non le contraire'.

Un accompagnement social nécessaire
Petit bémol, les taux d'intérêt, de l'ordre de 2 % par mois, pratiqués par les institutions locales de microcrédit restent encore relativement élevés pour certaines personnes. Mais c'est avec ces intérêts que l'accompagnement social est financé. Or les institutions locales forment les bénéficiaires, souvent analphabètes, à la gestion de leur activité et de leurs fonds (qu'est-ce qu'un crédit ? comment gérer un portefeuille professionnel ? comment calculer un prix de vente ? etc.). Puis elles leur octroient un crédit et les accompagne tout au long de la période de remboursement. Pour ce faire, les agents de crédit se rendent chez les bénéficiaires tous les 4 jours (le lendemain des jours de marché) pour collecter les traites. En cas de problème, une formatrice-assistante sociale est dépêchée pour tenter de résoudre les difficultés sociales de l'emprunteur.
'Cet accompagnement est nécessaire, insiste la coordinatrice d'Ecidec. Car l'argent seul ne suffit pas à sortir de la pauvreté. Actuellement, de plus en plus de banque se tournent vers la microfinance, considérant les précaires comme un 'marché à prendre' en négligeant le volet social de la microfinance, ce qui conduit à des situations graves liées à l'augmentation du surendettement des populations pauvres'.
De la même manière, l'association Ecidec vit grâce aux dons et subventions. D'où la nécessité de se faire connaître et de récolter des fonds. Notamment en organisant ce grand 'Jeu du Microcrédit'. Place du change, à Lyon 5e, le joueur lyonnais pourra de se mettre dans la peau de Bacchar, l'éleveur de poules ou de Souleymane, le chevrier. Une façon ludique de comprendre les rouages du microcrédit.

> 'Le microcrédit pose son empreinte', le jeu du microcrédit, dimanche 7 juin 2009, place du change, Lyon 5e. De 10h à 19h, entrée libre. www.ecidec.org

> photo : Adjinassin, restauratrice de 50 ans. Grâce à son quatrième microcrédit d'un montant de 90 euros, cette béninoise a pu construire un restaurant en ciment et faire installer l'électricité. Ce qui lui a permis d'améliorer 'ses conditions de travail'. L'activité a augmenté et maintenant, explique-t-elle dans un témoignage recueilli par l'association Ecidec, 'je peux faire des bénéfices et rémunérer une employée ". Minonkpo, l'institution de microcrédits béninoise, à qui Adjinassin doit son crédit, emprunte à taux zéro à l'association Ecidec qui récolte l'argent d'épargnants français.

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