Le coronavirus vu par un Lyonnais de Rochester (Etat de New York)

Comment vit-on l'épidémie du coronavirus à l'étranger ? Quel regard porte-t-on sur la situation en France ? Le témoignage de Francis Barrow, résident à Rochester dans l'Etat de New York (Etats-Unis).

Comment vivez-vous la crise liée au coronavirus ?
J'habite dans le nord de l'Etat de New York, dans une petite ville. On ne peut pas dire que ce soit confiné, comme en France, même si beaucoup de commerces sont arrêtés et les employés doivent rester chez eux. J'ai pris moi-même la décision de rester au télétravail le plus possible (je travaille dans un petit supermarché, donc toujours ouvert) et j'habite dans un appartement avec accès à un jardin.

Les mesures prises par les autorités sont-elles globalement respectées ?
Les mesures prises seront plutôt légères, quand je compare à ce qui se passe en Europe. Et certaines personnes ne respectent pas vraiment les mesures de distance ou d'hygiène proposées par les supermarchés par exemple.

Comment jugez-vous la stratégie sanitaire mise en place ?
J'ai surtout l'impression que la stratégie est en retard. Avec l'œil rivé sur l'Europe, on voit nettement que les États-Unis ont mis plus longtemps à accorder l'importance qu'il fallait à cette pandémie.

Que pensez-vous du système de santé de votre pays de résidence ?
C'est à mon avis le grand problème. Ici en temps normal, les gens sans assurance ne vont pas chez le médecin. J'ai une assurance correcte et une simple visite chez le médecin me coûte 20 dollars. Les médicaments sont hors de prix. En bref, la santé coûte cher et les hôpitaux risquent d'être débordés quand le gens qui ne viennent pas habituellement à cause du coût, viendront en masse.

Le pays était-il préparé pour faire face à une telle épidémie ?
Bonne question... Je ne saurais pas dire. Ce que j'ai pu lire, c'est que les États-Unis n'ont pas autant de barrières sociales protégeant les salariés comme en France, et beaucoup ont purement et simplement perdu leur emploi quand leur entreprise a fermé. Des amis ont dû appeler plus de 200 fois le service du chômage pour pouvoir parler à quelqu'un, cela montre l'ampleur du problème

Vu de l’étranger, quel regard portez-vous sur la situation de la France et la gestion de la crise ?
Les mesures prises semblent sérieuses, bien que parfois risibles. Un bout de papier à remplir soi-même semble être un peu contre-productif, mais enfin, ça permet sans doute aux gens de se rendre compte qu'il fait rester chez soi le plus possible. Ici, tout le monde sort, il n'y a pas vraiment de consignes sur les sorties.

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