L’équipe de France du Bocuse d’Or, emmené par le chef Davy Tissot et Laurent Wauquiez, président de la région Auvergne-Rhône-Alpes

Le "Clairefontaine de la gastronomie" prochainement à Lyon ?

L'idée d'un centre national d'entraînement des cuisiniers français au Bocuse d'Or a été lancée ce vendredi par la Région Auvergne-Rhône-Alpes.

Vendredi, la Région faisait sa présentation officielle de l'équipe de France du Bocuse d'or, dont la grande finale mondiale se déroulera les 26 et 27 septembre prochains à Lyon. Davy Tissot (Saisons*, Ecully) et son équipe de huit personnes avaient pour l'occasion fait une pause dans leur entraînement intensif : dix heures par jour, 5 jours sur 7, à répéter, refaire les mêmes gestes, les perfectionner. En ligne de mire, la statuette de 3 kilos,  45 centimètres de haut et recouverte d'une pellicule d'or de 24 carats. Le Bocuse d'Or, le plus prestigieux concours de cuisine du monde. 

La France n'a plus remporté le concours, imaginé par Paul Bocuse en 1987, depuis neuf ans. A l'époque, c'est le jeune chef originaire de Megève (Haute-Savoie), Thibaut Ruggeri, qui avait porté les couleurs tricolores au sommet.

"C'est assez choquant de voir que l'Etat a mis zéro"

Davy Tissot, le candidat Nais Pirollet, à la R&D et Arthur Debray, le commis officiel de l'équipe de France du Bocuse d'Or
@Nicolas Villion

La présentation a rapidement pris un tour politique lorsque le candidat français au Bocuse d'Or Davy Tissot, après avoir présenté chacun des membres de l'équipe de France et défendu "l'identité française" de ses recettes et "l'art de la table à la française" notamment dans la nouvelle épreuve "take away" mise en place cette année. Le président de la Région, Laurent Wauquiez, a immédiatement trouvé la formule qui fait mouche. "Vous avez devant vous l'excellence française en matière de gastronomie. Ce sont eux qui portent le drapeau. Ils sont un peu le Clairefontaine de la gastronomie."

Le temps que Serge Vieria - deux étoiles dans le Cantal, Bocuse d'or 2005 et président de l'équipe de France au Bocuse d'Or - explique avoir besoin du soutien de tout le monde et Laurent Wauquiez entamait le plat de résistance : "Nous devons nous donner les moyens de les soutenir. C'est quand même choquant, l'Etat a mis zéro ! Nous, à la Région on a compris l'importance de ce concours. On a donné 125 000 euros pour que l'équipe de France rapporte le Bocuse d'Or à la maison."

Emmanuel Macron au Bocuse d'Or

Le président de la Région a alors lancé l'idée d'un "Clairefontaine de la gastronomie, pérenne, ici en région" référence à l'institut national du football de Clairefontaine (INF), officiellement centre technique national Fernand-Sastre, est un centre de préformation français (enfants de 13 à 15 ans) spécialisé dans le football, où s'entraîne l'équipe de France de football.

"Il nous faut des structures pérennes d'entraînement. Il faut une vraie politique française en la matière. Il n'y a pas plus important que la gastronomie française. " 

Lors du buffet et de la visite d'une partie des stands des partenaires de l'équipe de France du Bocuse d'Or (qui financent, avec de nombreux mécènes,  le budget de l'équipe de France, 450 000 euros), Laurent Wauquiez s'est adressé à Arnaud Gobled, président du Campus Groisy, près d'Annecy,  un centre de formation des apprentis, notamment dans les métiers de bouche et de la restauration, : "si vous me sortez un projet, ça me motive beaucoup." Et le président du CFA de répondre : "on a 8 000 m2, on a de quoi faire un centre d'entraînement à la fois technique et sportif".

Nul doute que dimanche 27 septembre, lors du traditionnel Dîner des grands chefs, organisé en marge du Bocuse d'Or, Laurent Wauquiez en touchera un mot à Emmanuel Macron, premier président de la République en exercice à venir à Lyon pour le Sirha, le plus grand salon de l'alimentation du monde, au cours duquel se déroule le Bocuse d'Or.

Lire aussi : Bocuse d’Or, dans les coulisses de l’équipe de France

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