Gilbert Cette
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Le “big bang social” de Gilbert Cette

C’est l’un des pères des 35 heures. L’ancien conseiller économique de Martine Aubry Gilbert Cette défend aujourd’hui un “big bang social”, proposition qui a trouvé des oreilles attentives à l’Élysée et à Matignon. Il s’en explique dans L’Autre Direct, émission délocalisée exceptionnellement à la Bourse du Travail à l’occasion des Journées de l’économie de Lyon.

"Nous proposons de donner aux partenaires sociaux la possibilité de substituer des normes à d'autres normes." Détaillant les propositions qu'il a faites dans un rapport sur la réforme du droit social, qu'il vient de rendre avec Jacques Barthélémy au think tank proche du PS Terra Nova, Gibert Cette imagine par exemple qu'une entreprise qui se situe juste en dessous du seuil de 50 salariés et qui hésite à se développer en raison des contraintes nouvelles que le franchissement de ce seuil impliquerait, pourrait – dans le cadre d'un accord majoritaire avec ses salariés – négocier le report de la mise en place par exemple d'un comité d'entreprise, le temps de s'assurer qu'elle resterait durablement au-delà de ce seuil de 50 salariés.

Un Smic “jeunes” ?

Gilbert Cette précise qu'il faut penser aux garde-fous à instaurer. Le Smic pourrait par exemple être remis en cause par un accord de branche, si les partenaires sociaux d'un secteur s'entendent dessus, mais pas par un accord d'entreprise, pour éviter un effet de concurrence sociale.

Même s'il ne propose pas explicitement un “Smic jeune”, il appelle à ne pas "totémiser" les débats et souhaiterait que la question puisse être posée, au regard des expériences réalisées dans d'autres pays et de la priorité de la lutte contre le chômage.

“Dans la continuité des 35 heures”

Ce "big bang social" lui semble "dans la continuité de la réforme des 35 heures", qui ont été "à l'époque totalement avant-gardistes”. “Il s'agit maintenant d'aller plus loin afin de combiner une plus grande efficacité économique et une meilleure protection des salariés", estime Gilbert Cette, qui précise : "Ce qu'on avait fait à l'époque des 35 heures, c'est de donner aux partenaires sociaux la possibilité d'organiser le temps de travail avec énormément de souplesse." Il cite par exemple la création des "forfaits jours" pour les cadres, qui a permis de "déroger à l'obligation de payer des heures supplémentaires".

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