Festival Réel à Villeurbanne. Capture Twitter @villeurbanne
Article payant

La bataille des festivals aura bien lieu à Lyon

Alors que le modèle économique des festivals musicaux de l’été se complique, de nouveaux acteurs émergent, notamment à Lyon.


Une nouvelle date s’est ajoutée, cet été, à l’agenda déjà replet de la saison des festivals. Le Lou et GL Events ont décidé de se lancer, avec Vivendi, dans la programmation culturelle en organisant un événement autour des musiques urbaines les 17 et 18 juin prochains au stade de Gerland. Un nouveau venu accueilli plutôt froidement par Cédric Van Styvendael, vice-président de la Métropole en charge de la culture : “Je ne le prends pas comme une bonne nouvelle. C’est un festival qui participe au phénomène de financiarisation de la scène des musiques actuelles faisant porter un risque sur la diversité artistique et l’émergence de nouveaux acteurs. Nous voyons en ce moment de grands groupes venir capter l’ensemble de la chaîne de valeur de l’industrie musicale. J’ai peur que la liberté artistique soit menacée par des logiques financières.” Le maire PS de Villeurbanne a d’autant moins apprécié la création de ce festival qu’il a été mis devant le fait accompli et qu’il se pose en concurrent de deux manifestations organisées par la puissance publique durant l’été. Dans le cadre de la désignation de Villeurbanne comme capitale de la culture, la municipalité a décidé d’organiser un festival éphémère et gratuit qui s’est pris de plein fouet la concurrence de l’Inversion Fest’.

Exclu


“Les organisateurs du festival Réel ont découvert les conséquences des grosses majors de la musique. Ils se sont retrouvés en concurrence avec eux et n’ont pas pu faire venir des artistes qui avaient signé des contrats d’exclusivité avec Inversion Fest’”, soupire Cédric Van Styvendael. D’après nos informations, Orelsan a ainsi dû refuser de se produire en raison de son passage à Gerland mi-juin. En effet, pour s’assurer d’afficher complets, les festivals incluent dans le cachet des artistes une clause d’exclusivité autour d’un périmètre défini. Ces interdits ne concernent, en revanche, que les spectacles en extérieur. Le rappeur, grand vainqueur des dernières Victoires de la musique, peut ainsi se produire à la halle Tony-Garnier en novembre. “Les festivals n’ont pas vraiment d’impact sur le nombre de concerts comme sur leur fréquentation”, note avec satisfaction Thierry Pilat, nouveau directeur de la halle Tony-Garnier. Les Nuits de Fourvière ne perçoivent pas non plus la manifestation du Lou ou les grands concerts du Groupama stadium comme des concurrents directs. “On m’a toujours annoncé qu’avec l’arrivée de ces stades, ce serait terrible. Ils sont là, mais ça ne change rien pour nous. Inversion, ce n’est que deux soirées. Le 19 juillet, les Rolling Stones sont à Décines, mais notre date avec Diana Krall est remplie”, pointe Dominique Delorme, directeur des Nuits de Fourvière.

Il vous reste 50 % de l'article à lire.
Article réservé à nos abonnés.

Connectez vous si vous êtes abonnés
OU
Abonnez-vous

Suivez-nous
d'heure en heure
d'heure en heure
Faire défiler vers le haut