Identité nationale : “une crispation mesurée“

Vendredi dernier, le débat sur l'identité nationale se déroulait à Lyon. Parmi les 250 invités, la présidente de l'antenne locale de l'association “Ni Putes Ni Soumises“ Faïza Alami. Elle revient sur le débat. Nous l'avons aussi interrogé sur la burqa et... Diam's.

Lyon Capitale : Qu'avez-vous pensé du débat de vendredi dernier ?

Faïza Alami : J'ai trouvé qu'il était serein, bien mené car les gens ont réussi à s'exprimer calmement. Mais tout le monde n'a pas pu prendre la parole, il y avait beaucoup de demandes. L'association "Regards de femmes" (association de défense des droits de la femme basée à Lyon, ndlr) a pris la parole par le biais de sa présidente Michèle Vianès qui s'est exprimée très vivement. Cela prouve qu'on n'est pas dans un pays totalitaire, que la parole est libre. Par contre, c'est dommage que les gens qui manifestaient contre le débat à l'extérieur n'aient pas été invités à participer. J'ai ressenti une sorte de crispation mesurée.

Vous n'avez pas eu le temps de prendre la parole lors du débat, qu'auriez vous aimé dire au ministre ?

J'aurais aimé lui dire que je considère le débat sur l'identité nationale comme légitime, qu'il est intéressant de débattre sur ce qui nous rapproche, l'identité Française. Ce débat n'est pas fait pour exclure. Il faut débattre, car on ne peut pas faire croire que tout va bien. La discussion est bénéfique. Il ne faut pas laisser le champ libre à la xénophobie. Or, le meilleur moyen de combattre l'extrême-droite selon moi est de porter haut et fort le drapeau bleu, blanc, rouge, symbole de la République. Il faut revenir aux fondamentaux en respectant par exemple la Marseillaise. Moi, je suis partie du Maroc pour conquérir ma liberté de femme. J'ai obtenu la nationalité française grâce au mariage mixte et je veux qu'on parle de l'identité française car elle m'a permis d'obtenir un statut d'égalité avec les hommes et c'est ce que je défends. La laïcité par ailleurs n'est pas négociable. C'est une valeur profondément moderne.

Les 250 invités étaient triés sur le volet, est-ce que vous regrettez que le débat ait été privé  ?

Je ne dirais pas qu'il était privé car les personnes invitées jouent toutes un rôle social à Lyon. En cela, elles étaient représentatives de la société lyonnaise. Certaines, c'est vrai, avaient décliné l'invitation.

Pensez-vous qu'il faille une loi pour interdire la burqa dans les lieux publics ?

J'ai été auditionnée par la Commission parlementaire en charge du dossier et selon moi, il faut une loi et je la réclame. Les femmes doivent être libres. Etre une femme, c'est pouvoir se déplacer partout, ne pas être victime de la servitude volontaire ou forcée. La religion doit rester dans la sphère privée, elle ne doit pas être imposée. Quand on voit une femme complètement recouverte en noir, on a l'impression qu'elle est dans un cercueil. La burqa n'a rien à voir avec l'Islam, c'est une tradition tribale. Interdire la burqa, le voile ou le foulard, c'est lutter contre l'obscurantisme.

Aujourd'hui, Diam's apparait voilée sur la pochette de son nouvel album. Que pensez-vous du fait qu'on la voit ainsi sachant que c'est un modèle pour beaucoup de jeunes filles ?

Je pense qu'elle est sûrement dans une crise personnelle. C'est un nouveau look. Elle doit régler son problème elle-même. Cela dit, il est dommage qu'elle s'affiche comme ça, car il est vrai que c'est une idole pour beaucoup de jeunes. J'espère que les jeunes ne feront pas toujours une proie facile pour les obscurantistes et j'aimerais que les gamins abandonnés soient pris en charge par des services publics dignes de ce nom, et non pas qu'ils se replient dans des ghettos communautaristes. L'identité Française permet de lutter contre le communautarisme, car nous sommes tous égaux face aux lois de la République. On ne doit pas se créer ses propres lois internes qui échappent à la loi Française.

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