Giovanni, jeune chanteur expulsé vers le Bénin

Contrairement à certaines autres, celle-ci s'est faite sans bruit. A l'heure où des centaines de personnes défilaient dans la rue pour empêcher l'expulsion d'un père de famille congolais, Giovanni Houessou, 25 ans, jeune chanteur de Rnb et de hip-hop lyonnais, a été expulsé le 17 avril vers le Bénin dans l'indifférence générale.

Le jeune homme avait été arrêté lundi 11 avril, sur un simple contrôle d'identité. Son visa qui courrait jusqu'en février ne lui avait pas été renouvelé. En cause, son changement d'orientation scolaire. Il avait abandonné ses études universitaires d'Administration des Entreprises et des Sociétés (AES) à l'université Lyon III, pour se consacrer entièrement à la musique, un art dans lequel il excellait. A Lyon depuis huit ans, Giovanni était chanteur de soul, de Rnb et de hip-hop, bien connu dans le milieu lyonnais, il commençait à percer après avoir réussi à se payer, cette année, à ses frais, une formation au Centre de formation professionnelle de la musique (CFPM) de Villeurbanne.

Ses formateurs parlent d' "un chanteur talentueux (...) impliqué dans de nombreux projets artistiques à Lyon". Les chanteurs lyonnais H Design et Jordi Tisserand avaient des projets artistiques en cours avec Giovanni. "J'ai eu l'occasion de me produire avec lui le 25 mars au Ninkasi café, d'autres dates étaient programmées. Nous répétions depuis des mois un répertoire a capella. Mais Giovanni a été expulsé", regrette le second. Le jeune Béninois était plutôt discret. "C'est sans doute ce qui a permis son expulsion rapide, explique une militante du Réseau éducation sans frontières (RESF) de Vénissieux, où vivait Giovanni". Elle ne connaissait pas le jeune homme.

Giovanni a été expulsé le 17 avril sur le premier vol direction Paris, puis le Bénin, à 7h30, laissant derrière lui sa carrière d'artiste lyonnais et ses amis venus lui rendre un dernier hommage devant le centre de rétention. Depuis, sa classe et ses professeurs accusent le coup au CFPM de Villeurbanne. "On est dégoutés, les élèves aussi, affirme une formatrice. Giovanni faisait parti d'un groupe, il préparait des chansons avec d'autres élèves pour la fin de l'année. Forcément ça fait mal, mais on n'a rien pu faire pour faire changer le préfet d'avis et retenir Giovanni" . Ses soutiens espèrent que le jeune chanteur pourra revenir en France par la voie légale, avec de nouveaux papiers, au moins pour finir sa formation au CFPM de Villeurbanne.

Signez ici la pétition en faveur du retour de Giovanni Houessou
http://www.myspace.com/gyovanni

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2 commentaires
  1. MonSurnom - 21 avril 2011

    Merci pour cette article qui nous tient informés (certains diront que justement c’est trop) des expulsions incohérentes et je lâche le mot (aussi pompeux soit-il) inhumaines. Je connais un peu Giovanni et c’était un modèle de discrétion, de gentillesse. Le NATURALISER n’aurait jamais été une honte à la France tellement c’était un :modèle de citoyenneté. Alors certes, naturaliser c’est allé loin mais lui donner sa chance de devenir un artiste complet et lui barrer la route à un moment ou des dizaines de projets se profilaient, c’est tout simplement de l’orde de la bête administrative la plus froide et stupide.Voilà, juste un bref moment pour parler de lui. A apporter mon témoignage qui ressemblent à des dizaines d’autres.Pour le lien : son myspace est pollué par la musique d’un commentaire (puisqu’on peut publier de la musique dans ces « coms ». C’est hyper agaçant. DONC allez plutôt sur son lien myspace musique : http://www.myspace.com/gyovanni/music

  2. GNAFRON DE LYON - 21 avril 2011

    Je me sens une petite âme de Voltaire, tant invoqué, et tant trahi par nos droit-de-l'hommistes idéologiques: n'aimant pas du tout la musique de GYOVANNI ( avec un 'y', merci LYON CAP de corriger ), je ne lui en apporte pas moins pour autant tout mon soutien. On dirait que les autorités procèdent à loisir aux expulsions indéfendables, stupides et inhumaines au lieu d'effectuer celles, indiscutables, de vrais clandestins amenés par des filières sordides.

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