"Explosition" au Tribunal de commerce de Lyon

Le 25 septembre, l’artiste Philippe Moncorgé créait la panique au tribunal de commerce de Lyon en brisant un tableau contenant de l’uranium radioactif. Pas un coup de sang mais un happening préparé de longue date et baptisé Explosition. L'artiste estime avoir agi "pour la paix dans le monde".

Pas un excès de colère ou une saute d’humeur. L’artiste Philippe Moncorgé qui a provoqué la panique le 25 septembre avec de l’uranium en plein tribunal de commerce, avait prévu son coup. Plus que ça, c’est en fait une œuvre, soigneusement détaillée dans un communiqué envoyé à la date de sa "performance artistique nucléaire", qu’il estime avoir offerte. Vers 15h, alors qu’il était convoqué dans le cadre de son placement en redressement judiciaire (lire ici) l’artiste a brisé un de ses tableaux recouvert d'autunite (un minéral naturel d'uranium faiblement radioactif).

Un acte "pour la paix dans le monde"

La performance, nommée "Explosition" a entraîné l'entière évacuation du bâtiment et la venue d'équipes spécialisées, dont le véhicule nucléaire radiologique bactériologique et chimique des pompiers. Dans le descriptif de son happening, Philippe Moncorgé estime ainsi agir "pour la paix dans le monde, avant que peut-être les vraies bombes nucléaires ou autres soient utilisées". Il souhaite également exprimer que l’artiste qu’il est n’est pas une entreprise. Démonstration directement liée à son redressement judiciaire.

Toile irradiée et voyage en Iran

L'artiste lyonnais s'était rendu célèbre en 2006 en aidant un ami, Régis Dupupet, à faire l'aller-retour entre Lyon et l'Iran, en voyageant avec un bout de minerai d'uranium peu radioactif. Mais c'est dix ans plus tôt, que Philippe Moncorgé avait procédé à la création de la fameuse toile radioactive irradiée. Une œuvre qui selon un rapport de la CRII-RAD (Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité), demandé par le peintre en 1997, était légèrement infectée et provoquait tout de même une contamination par contact. Sans être dangereuse, la peinture représentait tout de même un risque. Interpellé au moment des faits, il a été présenté au parquet ce jeudi avant d'être laissé libre par le tribunal, mais sans provoquer la panique, pour une fois.

à lire également
Jacques Truphémus dans son atelier lyonnais, avec La Belle Servante, en 2013 © Stani Chaine
181 toiles du peintre lyonnais Jacques Truphémus, mort l’an dernier, seront dispersées aux enchères ce samedi, mises en vente par son neveu et seul héritier. L’occasion de rappeler que cet homme tranquille et discret n’a longtemps pas été considéré par le monde de l’art officiel.
d'heure en heure
d'heure en heure

derniers commentaires
Faire défiler vers le haut