A l’aéroport de Buenos Auries, des passagers dorment sur place.

Coronavirus : deux jeunes Lyonnais confinés et bloqués en Argentine, ils racontent

Un couple de jeunes lyonnais étaient partis faire le tour du monde. Depuis plus d’une semaine, ils galèrent, depuis l’Argentine, pour rentrer en France. Entre incertitude et anxiété. Témoignages.

Ils sont partis faire le tour du monde. En novembre, Charlotte et Guillaume, un couple de jeunes lyonnais, d’une vingtaine d’années, ont quitté la France pour réaliser une aventure dont beaucoup rêvent. Ushuaia, la Patagonie, le Chili. Le rêve.

Mais depuis leur arrivée en Argentine, le 12 mars, c’est l’inquiétude. L’anxiété. Et surtout la grosse incertitude. Le coronavirus a tout arrêté. Avant leur arrivée en Argentine, ils étaient au Chili.

"Le lundi 16 mars, on a reçu une notification comme quoi toutes les personnes venant du Chili devaient faire une quarantaine obligatoire. C’était notre cas. On s’est donc confinés dans notre Airbnb", raconte Charlotte. Le 15 mars, ils ont fermé les frontières en Argentine. Le soir du 15, on devait prendre le bateau pour aller en Uruguay, heureusement on a pris la décision de rester en Argentine. Sinon on se serait retrouvé à minuit dans la rue".

2200 Français veulent rentrer d'Argentine

L'interminable attente à l'aéroport de Buenos Aires.

Depuis, les deux Lyonnais tentent de rentrer au pays. En vain pour le moment. "Ca fait 8 jours qu’on essaye de rentrer en France. Notre objectif, c’est d’avoir un vol direct vers Paris. Car c’est toute l’Amérique du Sud qui est confinée sauf le Brésil depuis une semaine. On veut éviter de faire une escale dans un pays d’Amérique du Sud. Sauf que depuis 8 jours, il n’y a eu que deux vols Air France qui ont été plein dès l’ouverture. On n’a pas réussi à avoir de billets. Un vol Air France, c’est environ 300 personnes et il y a plus de 2200 ressortissants français enregistrés à l’ambassade de France qui veulent rentrer. Sans compter tous les Européens qui essayent aussi de prendre ces vols-là ", raconte Guillaume.

"L’ambassade de France conseillait d’autres vols, par exemple de passer par Sao Paulo (au Brésil). Des gens l’ont fait au début. Nous, on n’a pas osé. Car si on se retrouve à Sao Paolo et que l’avion ne part pas… On se sentait mieux ici où on a un logement. Depuis mardi, plus aucun vol ne va au Brésil. Les frontières sont fermées", racontent les deux Français.

"En Argentine, personne ne va aller faire son footing dehors"

Du coup, dans l’immense capitale argentine, à Buenos Aires, ils vivent confinés. "On est chanceux, on est dans un Airbnb. Comme ça fait 10 jours qu’on est là, ils nous acceptent plutôt bien. On ne va pas se faire virer de notre logement du jour au lendemain. Notre situation au niveau du logement est stable, raconte Charlotte. C’est plus strict qu’en France ici, personne ne va aller faire son footing dehors". "On a juste le droit d’aller chercher à manger, de retirer de l’argent. Ici, ça fonctionne en bloc, on ne peut pas dépasser 2 blocs. En gros 100 mètres autour du logement. Il y a des policiers à chaque coin de rue", poursuit Guillaume.

Comment faire pour rentrer ? Pour se tenir informer ? Que fait la France pour eux ?

"On est en relation avec l’ambassade de France. Dès qu’ils ont des informations, ils mettent à jour une page dédiée au coronavirus et aux vols. C’est le premier arrivé le premier servi. Normalement, il y a un vol Air France mercredi. Il est déjà complet. Les places ont été vendues en 40 minutes. Mais beaucoup pensent qu’il ne va pas venir", expliquent-ils.

"L’ambassade a une cellule de crise. On peut les appeler de 10h à 18h tous les jours. Une dizaine de personnes répondent au téléphone. Je les ai appelé lundi, souffle Guillaume. Ils m’ont dit : "dès qu’il y a un vol vers l’Europe, vous sautez dessus"".

Mais il y en a si peu. Certains partent encore du Brésil pour l’Europe. Mais les frontières sont désormais fermées. "On se sent un peu abandonnés", expliquent-ils.

"J'ai peur de comment ça va évoluer, comment ils nous perçoivent nous, étrangers"

A L'entrée de l'aéroport de Buenos Aires

Le temps commence à devenir long. Et l’inquiétude monte.

"Une amie arrivait d’une autre province d’Argentine lundi soir. On s’était promis de la loger. On s’était entendu avec la propriétaire. Ici, ça fonctionne avec des gardiens. Il avait un protocole. Il a appelé la police. Ils ont constaté qu’elle était en règle. Mais le syndic de l’immeuble a refusé de la laisser rentrer. Il était minuit. Tous les hôtels autour de chez nous refusent les étrangers. Elle a dormi à l’aéroport… Depuis, elle dort à l’aéroport", ajoutent-ils.

Les deux Lyonnais ont hâte de rentrer au plus vite. Pour être au plus près des leurs. "J’ai l’impression qu’il faut vraiment qu’on parte. J’ai peur de comment ça va évoluer dans ce pays. Que ce soit au niveau du virus, de la maladie ou de comment ils nous perçoivent nous, étrangers", estime Charlotte. "On se sent un peu comme des pestiférés", conclut Guillaume.

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