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Consommation : l’autonomie alimentaire est-elle une chimère ?

La crise du coronavirus a braqué les projecteurs sur notre système alimentaire. L’équation agroalimentaire est reposée. Nos habitudes de consommation ont été bousculées, mais le resteront-elles dans la durée ? Est-ce l’aubaine de donner un coup de fouet aux circuits courts et aux productions locales ? Une chose est sûre : en ces temps troublés, la sécurité alimentaire n’a jamais été aussi précieuse. Et si on reprenait le contrôle de nos assiettes ?

Ce 8 février, la région ne compte que cinq malades du coronavirus, aux Contamines-Montjoie, en Haute-Savoie. À 150 kilomètres à vol d’oiseau, au cœur de la Bresse, dans le petit village de Chevroux, un pot est organisé en l’honneur du héros du village, Martial Darbon. Cet éleveur laitier de 61 ans est l’ancien président de la coopérative Bresse-Val de Saône. Dans la salle des fêtes, tous ses collègues producteurs de lait sont là ou presque. Le directeur monde du développement durable de Carrefour a même fait le déplacement. Entre le petit agriculteur bressan et le deuxième plus gros groupe français de la grande distribution, le courant passe, aussi étonnant soit-il. "Si on est là ce soir, c’est parce qu’on a ensemble fait un truc un peu surhumain", explique Martial Darbon.

À savoir redresser la rémunération du producteur de 21 centimes le litre de lait à 39 centimes. Dix-huit centimes, quand on produit 650 litres de lait par jour (moyenne française), cela représente grosso modo 4 000 euros en plus par mois. De quoi sortir de l’impasse toute une filière. En l’occurrence, Martial Darbon a sauvé quatre-vingt familles d’éleveurs laitiers de l’Ain. C’était en 2015, quand la coopérative bressanne a subi de plein fouet la crise de la filière laitière.

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