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Compagnie des Alpes, la faute de carre ?

Le leader mondial de l’exploitation des domaines skiables vient de changer de pilote. Que doit-on attendre de ce géant de la glisse, filiale du bras financier de l’État ?

C’est l’entreprise la plus puissante au-dessus de 1 500 mètres. Inconnue du grand public, la Compagnie des Alpes (CDA) est le premier exploitant de remontées mécaniques du monde. Un colosse de l’industrie du tourisme de montagne qui gère dix domaines skiables, parmi ceux des plus grandes stations françaises : La Plagne, Les Arcs, Val-d’Isère, Les Menuires, Méribel, Serre Chevalier, Flaine, Peisey-Vallandry et Samoëns, Morillon et Sixt. Elle est également actionnaire majoritaire de Chamonix-Mont-Blanc et de Megève et détient des participations dans Avoriaz, La Rosière et Valmorel. Fin septembre 2020, l’entreprise enregistrait 14 millions de journées-skieurs (concentrant près du tiers du volume français) pour un chiffre d’affaires de plus de 360 millions d’euros. Autant dire qu’avec la fermeture des stations de ski, coronavirus oblige, l’entreprise a été frappée de plein fouet par la pandémie, qui n’a pas épargné les hautes altitudes. Ses résultats ont fondu : -18,8 % par rapport à l’exercice 2018-2019. Au premier trimestre de l’année, l’activité des domaines skiables a chuté de 97 %, avec un chiffre d’affaires d’1,8 million d’euros contre 60 millions d’euros sur la même période de l’exercice précédent. Quant aux perspectives, elles sont comme un jour blanc en montagne : quasiment inexistantes. “L’impact direct d’une non-ouverture des domaines skiables jusqu’à la fin des vacances d’hiver représenterait un manque à gagner, depuis le début de l’exercice, de l’ordre de 290 millions d’euros ; il s’élèverait à environ 400 millions d’euros pour une fermeture jusqu’à la fin de la saison d’hiver”, a indiqué le groupe dans un communiqué.

Scrutée de près

C’est dans ce contexte de saison noire pour l’économie blanche qu’intervient le passage de témoin au sein de la direction de la CDA. Dominique Thillaud, l’ex-patron de l’aéroport de Nice, se voit confier, dès le 1er juin, la direction générale du poids lourd de la glisse, coté en bourse et filiale de la Caisse des dépôts et consignations, l’établissement public financier qui agit pour le compte de l’État et des collectivités. Du ciel aux sommets.

Depuis sa création, l’entreprise n’a connu que trois “numéro 1”. Cette nomination est donc scrutée de près. Ce changement va-t-il modifier en profondeur la stratégie du groupe ? La CDA va-t-elle se transformer ?

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