Avec 40 millions pour OL Land : Mercier aide Aulas et sauve Collomb

Le conseil général entre dans la tempête du futur stade des Lumières. Michel Mercier, le président du département, a décidé de voler au secours de Collomb et d'Aulas pour éviter l'échec du projet. Il veut faire voter une garantie d'emprunt à la Foncière du Montout, filiale d'OL Groupe en charge du stade pour près de 40 millions d'euros.

Rien n'était officiel. Ça l'est subitement devenu ce lundi 19 novembre. Le conseil général du Rhône s'apprête à faire voter une délibération qui valide le principe d'une aide indirecte pour assurer le financement du projet de Stade des Lumières. Un rapport sur une garantie d'emprunt a été distribué ce lundi à tous les conseillers généraux et nous avons pu le consulter. Le président du département du Rhône a décidé de garantir 50 % d'un emprunt obligataire de 80 millions d'euros que va réaliser la société Foncière du Montout, la filiale d'OL Groupe en charge du développement du projet de Grand Stade. Mercier apporte donc sa garantie pour 40 millions d'euros.

La décision a valeur de symbole puisqu'il s'agit de la première étape d'un financement de l'OL Land qui tardait jusqu'alors à venir. Depuis plusieurs semaines, l'inquiétude sur les retards pris par le Stade des Lumières a obligé les acteurs du dossier à s'activer en coulisses pour trouver les solutions au financement du projet. Vinci a promis depuis des lustres d'investir 100 millions d'euros en fonds propres dans la Foncière du Montout mais n'a toujours pas versé un centime. Le géant mondial du BTP espère plus de sécurité juridique pour s'engager dans l'opération.

Vinci attend en effet de voir le dossier purgé des recours judiciaires qui pèsent encore sur le projet. Le 13 décembre prochain, le tribunal administratif se penchera d'ailleurs sur le recours déposé contre le permis de construire du futur stade. Le mois de décembre s'annonce donc crucial pour l'enceinte sportive retenue pour le championnat d'Europe des Nations de 2016.

Secours

C'est Gérard Collomb qui a appelé Michel Mercier au secours pour sauver l'OL Land. Collomb ne pouvait obtenir du Grand Lyon une telle garantie financière. Il n'a pas la majorité au conseil communautaire pour la faire voter.

Sans Michel Mercier, Collomb prenait le risque de faire échouer l'opération et, dans cette hypothèse, de porter la responsabilité d'avoir jeté par la fenêtre près de 170 millions d'euros d'investissement publics déjà consentis pour les abords immédiats du futur stade (Tramway T3, parking, échangeur routier, etc.). Le Stade des Lumières est aussi vital à Jean-Michel Aulas qu'au maire de Lyon. Il en va de sa crédibilité politique à un peu plus d'un an des municipales de 2014. Reste une question, pourquoi Michel Mercier s'est laissé convaincre de sauver Gérard Collomb ?

L'entourage de l'ancien ministre de la justice explique qu'il était insupportable à Michel Mercier de laisser gaspiller des centaines de millions d'euros d'argent public. Nous ne sommes pas obligés de les croire. D'autres hypothèses circulent.

Deal politique

En contrepartie, le président du conseil général aurait réclamé que l'opposition socialiste au sein du département mette la sourdine sur certains dossiers, à commencer sur celui explosif des emprunts toxiques. Thierry Philip, le leader des socialistes au sein de l'assemblée départementale, n'acceptera pas de manger son chapeau et ne se laissera pas dicter sa conduite par Gérard Collomb. Cet accord entre Mercier et Collomb ressemble bien à un deal politique à la lyonnaise où il s'agit de s'entendre avant chaque échéance électorale de la bonne répartition des pouvoirs.

Pour plusieurs élus, Michel Mercier vient ainsi de consolider ses positions au conseil général et pourrait continuer à présider l'assemblée départementale après les élections cantonales de 2015. Chez les socialistes, on envisage même d'exfiltrer Thierry Philip sur un poste de sénateur pour ne pas compliquer la tâche de Mercier.

Du côté de Gérard Collomb est annoncé l'hypothèse d'une participation financière à hauteur de 6 millions d'euros par an dans le futur musée des Confluences en cours d'édification à la pointe de la presqu'île comme l'a expliqué l'hebdomadaire Les Potins d'Angèle la semaine dernière. Conduit par le Conseil général, ce musée des sciences et des sociétés a vu son coût exploser depuis son lancement au début des années 2000. Mais cette possibilité de financement par la ville ou le Grand Lyon est écartée par les bras droit les plus proches de Michel Mercier, la ville de Lyon étant déjà présente au conseil d'administration du musée des Confluences. Cependant, la garantie d'emprunt accordé par le département à Aulas ne conclut pas encore le financement de l'opération qui est estimée à hauteur de 450 millions d'euros.

Refus

Selon nos informations, Jean-Michel Aulas a essuyé le refus de deux banques. Le président de l'OL aurait dernièrement poussé la porte de la Caisse des dépôts et consignations, le bras financier de l'Etat, afin de finaliser son tour de table. Mais entre les transports en commun et l'aménagement des abords du stade, la garantie d'emprunt du conseil général et la sollicitation de la Caisse des dépôts, l'option d'un financement totalement privé du futur stade de l'OL apparaît désormais comme une illusion.

Pour financer son stade, l'Olympique Lyonnais table sur 200 millions d'euros d'emprunts bancaires, 120 millions d'euros de fonds propres et 80 millions d'émission obligataire dont la moitié sont garanties par Michel Mercier. La délibération doit être voté avec l'aide du groupe PS le 30 novembre prochain. D'ores et déjà, les opposants de l'OL Land ont écrit à Michel Mercier pour lui promettre que cette délibération serait frappé d'un recours en référé afin d'obtenir son annulation.

Les commentaires sont fermés

d'heure en heure
d'heure en heure
Faire défiler vers le haut