À Lyon, des écoles occupées pour loger des enfants sans-abri

À partir de lundi 23 novembre, dix écoles de la métropole lyonnaise se mobilisent pour accueillir des familles sans logement. Des actions solidaires seront organisées toute la semaine.

Dix écoles de la métropole lyonnaise se mobilisent dès lundi pour héberger des enfants scolarisés mais sans logement. ‘‘Nous proposons des solutions temporaires mais c'est à la municipalité d'apporter des réponses. En occupant nos écoles, nous voulons surtout sensibiliser la mairie, rendre la situation visible’’, souligne Allan Maria, membre du collectif Jamais Sans Toit et parent d'élève à l'école Gilbert Dru (Lyon 7e).

L'école primaire, qui compte héberger 6 à 7 enfants avec leurs familles, fait partie des dix établissements concernés, avec l'école Cavenne (Lyon 7e), les établissements Michel Servet (Lyon 1er), Painlevé et Mazenod (Lyon 3e), Jean Giono (Lyon 8e), Pierre Cot (Bron), Edouard Herriot (Villeurbanne), Grandclément et Langevin (Vaulx-en-Velin).

En quoi consiste l'occupation d'une école ? Des pièces non utilisées, des gymnases ou des salles de classes sont aménagés en dortoir pour accueillir les enfants et leurs familles, généralement de 18h30 à 07h30. Dès lundi, des repas solidaires, concerts et lectures se tiendront toute la semaine pour récolter des dons et sensibiliser les autres parents d'élèves à la question de l'hébergement d'urgence.

"Il faut leur laisser la possibilité de travailler"

Le collectif, qui s'est mobilisé à plusieurs reprises cette année, et qui a recensé une centaine d'enfants sans-abri, attend une réponse de la part de la préfecture : ‘‘Nous avons été reçu par le préfet délégué pour l'égalité des chances le 7 octobre. Nous lui avons transmis une liste de familles sans ressources ni hébergement. Depuis, nous attendons toujours sa réponse.’’

Pour Allan Maria, la municipalité, comme l'ensemble des autorités, ne prend pas le problème dans le bon sens : ‘‘Les aides sociales pour ces familles ont été augmentées cette année. Mais je pense qu'au lieu de maintenir ces familles dans la précarité, il faudrait peut-être leur laisser la possibilité de travailler, encourager leur intégration.’’

Sans emploi ou demandeurs d'asile

Les situations des familles accueillies sont diverses. À l'école Gilbert Dru, le collectif accueille par exemple des demandeurs d'asile, souvent sans logement pendant leurs démarches, parfois déboutés. ‘‘La plus longue mobilisation que nous ayons connue a duré 4 mois’’, rappelle Allan Maria.

À l'école Michel Servet (Lyon 1er), les profils sont aussi différents : ‘‘Nous avons accueilli des familles de quatre enfants, dont les parents se retrouvent sans emploi, obligés de dormir dans les voitures’’, explique Raphaël Vulliez, autre membre du collectif.

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