Le fiasco présidentiel, c’est la faute à…

Le fiasco invraisemblable de l’affaire Leonarda, c’est donc la faute de la presse, proclame désormais le pouvoir. Comment les journalistes ont-ils pu se permettre après l’intervention de François Hollande offrant à la jeune fille, et à elle seule, de revenir en France, de l’interroger elle et sa famille, de lui permettre de répondre au président ?

Il va de soi pourtant qu’après une intervention présidentielle, le silence, le recueillement, la méditation s’impose à tous. Mais ce que le pouvoir oublie, c’est que la réaction prévisible de la jeune Leonarda n’est en rien isolée : tous les commentateurs, journalistes ou politiques, ont aussitôt critiqué l’initiative et l’idée surprenante de François Hollande ; même Harlem Désir et les rares ministres ou personnalités de gauche qui ont soutenu le président ne l’ont fait que mollement et tardivement.

Ce n’est pas, tant s’en faut, la première manifestation critique et irritée du pouvoir devant les médias. Il y a quelques semaines Pierre Moscovici, pourtant ministre des Finances, reprochait aux médias de ne lui parler que des impôts, alors qu’il y a tant de sujets intéressants : le temps qu’il fait, la gastronomie, les prochaines vacances…

Hier, M. Jean-Marc Germain, député (PS), a exigé : “On doit plus parler de nos mesures et surtout les Français doivent nous entendre.” Mais, c’est là tout le problème, les Français entendent et voient très bien ce qu’il en est et ils sont tout simplement profondément et massivement, de la droite à la gauche en passant par le centre, insatisfaits et consternés devant la situation du pays.

Ce n’est pas un problème de journalistes, d’information, d’émission ou de réception, ni de compréhension des messages, c’est tout simplement le mur de la réalité contre lequel se fracasse désormais la rumeur dérisoire des mots et des paroles creuses.

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