Gardes à vue en série dans l’affaire Rhônexpress

EXCLUSIF – Trois personnes sont actuellement en garde à vue dans les locaux de l’Hôtel de police de Lyon dans le cadre de l’affaire Rhônexpress.

Selon nos informations, confirmées par une source judiciaire, Guy Mathiolon, Yvan Patet et André Roibet sont actuellement placés en garde à vue dans les locaux de la brigade financière de Lyon. Ils sont entendus depuis mercredi matin 9H par les enquêteurs dans le cadre d’une information judiciaire ouverte il y a un an pour escroquerie, abus de biens sociaux et recel. C’est le juge lyonnais, Philippe Duval-Molinos, qui conduit les investigations dans ce dossier Rhônexpress qui a vu prospérer les accusations de Yann Gaillard à l’encontre de Guy Mathiolon, l’ancien président de la CCI de Lyon. Gaillard ayant toujours affirmé, sans jamais parvenir à prouver ses dires, que Guy Mathiolon l’avait mandaté de façon à faire modifier le tracé du parcours du tram Rhônexpress au moment de l’enquête publique, préalable au lancement des travaux, qui a eu lieu durant les mois de septembre et octobre 2007.

Avant que l’affaire n’échoit dans les mains de Philippe Duval-Molinos, elle avait déjà fait l’objet d’une enquête préliminaire du parquet financier début 2009 dans le cadre d’une investigation plus complexe : des soupçons de favoritisme et de corruption pesaient également sur les conditions d’attribution à Vinci du marché du tram Rhônexpress qui relie aujourd’hui Lyon à son aéroport. Michel Mercier, président du Conseil Général du Rhône et maître d’ouvrage du tram, était accusé à l’époque de financements politiques occultes dans le cadre de la campagne présidentielle de François Bayrou dont il était mandataire financier. Ce volet a fait l’objet d’un classement sans suite par le parquet de Lyon en novembre 2010 au moment même où Michel Mercier était nommé au poste de ministre de la justice par le président de la République.

Dans le cadre de l’information judiciaire conduite par Philippe Duval-Molinos, le magistrat s’interroge sur une provision de 300 000 euros présente dans les comptes de l’aéroport Saint-Exupéry. Cette provision correspond peu ou prou aux factures envoyées par Yann Gaillard afin de rémunérer son intervention occulte pour le compte de la CCI de Lyon comme il le prétend. En juin dernier, les services de police avaient perquisitionné Le juge travaille également sur un chèque de 29900 euros révélés par Lyon Capitale établi par la société Em2C d’Yvan Patet à Yann Gaillard. Ce dernier prétend que ce chèque est l’objet d’un arrangement entre Messieurs Mathiolon et Patet afin de permettre à Gaillard de toucher un début de rémunération pour le travail réalisé dans le cadre du tram Rhônexpress. Guy Mathiolon et Yvan Patet ont toujours réfuté les allégations de Yann Gaillard. Pour rappel, Yvan Patet et Guy Mathiolon sont respectivement président et actionnaire du LOU Rugby. André Roibet, pour sa part, est l’actionnaire de la société de conseil, le BEDDE, pour laquelle travaillait Yann Gaillard au moment des faits.

Cette affaire interroge à plus d’un titre. Tout d’abord, aucune confrontation n’a jamais été réalisée par la brigade financière entre Yann Gaillard, source unique de toutes les accusations, et Guy Mathiolon. L’absence de Yann Gaillard, qui aurait régulièrement le policier chargé des investigations au téléphone, dans cette série de garde à vue étonne. De plus, il a souvent été répété par les autorités judiciaires que M. Gaillard était difficilement appréhendable par la justice. Il vivrait à Bangkok selon plusieurs sources judiciaires de haut rang. Pourtant, il a ses habitudes dans plusieurs bistrots du 6e arrondissement et Lyon Capitale n’a jamais eu aucune difficulté pour rencontrer Yann Gaillard dans le cadre de cette affaire.

à lire toutes nos révélations dans l'affaire Rhônexpress :

Affaire du tram Rhônexpress : les comptes suspects de l'aéroport

La CCI et le Conseil Général dans le viseur de la justice

Rhônexpress : le volet Mercier classé sans suite

Michel Mercier à la Justice malgré l'affaire Rhônexpress

Pourquoi Rhônexpress est trop cher

Affaire Rhônexpress : un chèque au coeur de l'enquête

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Emmanuel Imberton
Si elle dit comprendre “certaines revendications des Gilets jaunes”, la CCI de Lyon a demandé au gouvernement de “rétablir l'ordre et la fluidité des échanges”, alors que certains commerces “ont vu leur chiffre d’affaires chuter de 50 %, 80 % voire 100 %”.
2 commentaires
  1. incorruptible - 10 décembre 2011

    Comme quoi même avec l'affaire TEO qui a marqué les ésprits ça n'a pas servit de leçon et on peut se demander les motivations entếtés des mises en chantiers (gigantesques) dans la region... Il faut plus de rigueur à l'encadrement à ces appels d'offres!

  2. Sophie_Lyon - 10 décembre 2011

    J'adore ! tout ce petit monde se régale de l'argent public et l'on nous demande par ailleurs de faire des économies, j'adore l'hypocrisie du microcosme politique et affairiste.

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