Lyon Capitale

 Scène culinaire internationale : Lyon émerge

© Lyon Capitale

À l’occasion de Lyon Street Food, qui va mettre à table plus de 20 000 personnes à partir de ce jeudi, Lyon Capitale a voulu comprendre le paysage culinaire actuel de la métropole lyonnaise, son effervescence, ses lignes de force. La ville est-elle en passe de devenir un hot spot de la scène culinaire internationale ? Néo-primitivistes, super-naturels, qui sont les nouveaux chefs ?

“First we eat, then we do everything else.” La formule de MFK Fisher1, évoquant la cuisine française, pourrait s’appliquer à merveille à celle de Lyon, tant le bien-manger frise l’idolâtrie au pays des “gueules”. À table ! La messe est dite. Aujourd’hui, la cuisine a remplacé le sexe, la drogue et la religion. “Après la gloire des stars, celle des créateurs, des top models, des footballeurs, des bébés des tops… ce sont les cuisiniers qu’on encense. La cuisine portée aux nues va-t-elle être la religion du XXIe siècle ? Se nourrira-t-on un jour selon les codes couleur établis par un gourou des plaisirs gustatifs ? Les chefs sont-ils nos nouveaux papes ?” questionne la plasticienne et scénographe Martine Camillieri. “L’identité d’une civilisation, ce n’est plus sa religion, c’est sa cuisine, répond le philosophe Robert Redeker. Longtemps, la religion a guidé les Français. Aujourd’hui, à l’heure où la religion n’est plus le moteur de notre civilisation, la cuisine a remplacé cette dévotion2.” Une folie culinaire semble s’être emparée de la planète, dont les foodistas3 sont les stigmates. “Nous avons fait de la cuisine une pop celebrity”, écrit Chris Cechin, ex-producteur de la série Munchies, sur la chaîne Vice.

“Bouffe Instagram”

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