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Margaret Chan

Nouveau désaveu d’Interpol à l’OMS

EXCLUSIF – La demande d’Interpol d’être observateur à la Convention-cadre antitabac de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a été rejetée ce lundi 13 octobre. En cause, les 15 millions d’euros de Philip Morris octroyés à Interpol pour lutter contre le trafic de cigarettes, révélés par Lyon Capitale en juin 2013.

Deux ans après un premier report à Séoul (voir l’enquête de Lyon Capitale sur “L’immoral financement d’Interpol”), c’est un nouveau désaveu pour l’organisation internationale de police. La 6e conférence des parties (COP) pour la lutte antitabac de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), réunie cette semaine à Moscou, a rejeté, ce lundi 13 octobre, la demande d’observateur d’Interpol.

La cause reste la même : le financement par Philip Morris International de la lutte contre le trafic de cigarettes d’Interpol. En 2012, le numéro un mondial du tabac et propriétaire de Marlboro, a en effet signé un chèque de 15 millions d’euros sur 3 ans à l’agence policière pour endiguer le trafic de cigarettes. Le problème est que l’industrie du tabac reste soupçonnée de nourrir la contrebande de cigarettes aux portes de l’Union européenne, après avoir largement collaboré avec la mafia dans les années 1990 (lire “Comment l’industrie du tabac alimente la contrebande”).

Sur les réseaux sociaux, le rejet du statut d’Interpol est déjà fortement critiqué par l’industrie du tabac. Imperial Tobacco, numéro trois mondial du tabac, a réagi en ces termes, cet après-midi sur Twitter : “Encore moins de transparence à la Conférence des parties antitabac de Moscou, comme elle rejette le statut d’observateur d’Interpol, et ensuite exclut le public.”

De son côté, Margaret Chan, la directrice de l’OMS, n’y est pas allée par quatre chemins ce matin, en ouverture de la conférence, désignant l’industrie du tabac comme “l’ennemi numéro un”, ajoutant : “Donner une place à l’industrie du tabac à la table des négociations, c’est comme appointer un comité de renards pour prendre soin de nos poules.”

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