Renaud Pfeffer, vice-président de la région Auvergne-Rhône-Alpes en charge des sports, est l'invité de 6 minutes chrono / Lyon Capitale.
Les Jeux olympiques d'hiver 2030 prennent un peu plus forme. La semaine dernière, les logos ont été dévoilés. "Les emblèmes dévoilés la semaine dernière sont, je crois, à la fois simples, élégants et fédérateurs. Le travail de design a cherché à faire apparaître la montagne, son rayonnement, et ce rayonnement est aussi celui des Alpes et de notre pays. Il y a également quelque chose de très symbolique et important à nos yeux : la complémentarité entre les emblèmes des Jeux olympiques Alpes 2030 et des Jeux paralympiques Alpes 2030. Ils sont pensés pour être complémentaires et se connecter l’un à l’autre", souligne Renaud Pfeffer.
Quant à la carte des sites, elle s'affine. Lyon a récupéré les épreuves de glace initialement prévues à Nice malgré une concurrence parisienne. "Ce n’est pas seulement Lyon qui entre dans l’aventure olympique, c’est toute la métropole de Lyon. Avec, bien sûr, une ouverture sur les Alpes : où que l’on soit dans la métropole, on voit les Alpes. Les Alpes françaises sont un territoire cohérent. Cela aurait été un non-sens que ces Jeux se déroulent à Paris. Il y a déjà eu les Jeux de Paris 2024, qui ont été un immense succès. Désormais, c’est au tour de nos régions d’accueillir cet événement", se réjouit Renaud Pfeffer.
La répartition des sites dans la Métropole de Lyon sera actée le 29 juin. Les épreuves de hockey-sur-glace se tiendront à la LDLC Arena de Décines-Charpieu. Eurexpo et la Halle Tony Garnier devraient accueillir le patinage artistique et le curling. La cérémonie d'ouverture pourrait aussi se tenir dans l'agglomération au grand stade de Décines ou à Gerland.
La retranscription intégrale de l'entretien avec Renaud Pfeffer
Bonjour à tous et bienvenue. Vous regardez 6 minutes chrono, le rendez-vous quotidien de la rédaction de Lyon Capitale. Aujourd’hui, nous accueillons Renaud Pfeffer. Bonjour. Vous êtes vice-président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, notamment en charge des sports. Vous suivez donc avec une grande attention l’organisation des Jeux olympiques d’hiver 2030 dans notre région ainsi qu’en région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Cette candidature, ou plutôt cette organisation désormais, a enfin un nom : ces JO s’appelleront Alpes 2030. Un logo a également été dévoilé. Pourquoi ce nom s’est-il imposé comme une évidence ? Pendant longtemps, on ne savait pas vraiment comment appeler ces Jeux, puisqu’ils sont organisés par deux régions sur un territoire très vaste.
Lorsque nous avons déposé notre candidature, nous avions proposé « Alpes françaises 2030 ». Puis, au fil du temps, nous avons souhaité simplifier et mettre en lumière le plus beau massif montagneux du monde. Le nom Alpes 2030 s’est alors imposé. Tout le monde comprend immédiatement : ce sont les Alpes, et c’est en 2030. Les emblèmes dévoilés la semaine dernière sont, je crois, à la fois simples, élégants et fédérateurs. Le travail de design a cherché à faire apparaître la montagne, son rayonnement, et ce rayonnement est aussi celui des Alpes et de notre pays. Il y a également quelque chose de très symbolique et important à nos yeux : la complémentarité entre les emblèmes des Jeux olympiques Alpes 2030 et des Jeux paralympiques Alpes 2030. Ils sont pensés pour être complémentaires et se connecter l’un à l’autre. Cela traduit notre volonté de mettre en avant, au-delà des héritages matériels des Jeux, en matière de mobilité, d’équipements ou de préservation de la montagne, un héritage immatériel fondé sur les valeurs. Le handisport, le paralympisme et le sport adapté font pleinement partie de ce que nous voulons montrer au monde entier : la complémentarité, mais aussi la beauté du sport pratiqué par des personnes en situation de handicap.
Alpes 2030 correspond aussi à une réalité géographique de la carte olympique. Nice ne participe plus à l’aventure olympique et a été remplacée par Lyon. On resserre donc la géographie des Jeux autour de l’arc alpin, avec Lyon considérée comme la porte des Alpes. Paris a tenté à un moment de récupérer les épreuves de glace que Lyon va finalement accueillir. Cela s’est-il joué un peu dans votre dos, vous qui représentez les régions organisatrices ?
Un événement aussi rassembleur, spectaculaire et porteur de retombées économiques et touristiques suscite naturellement des convoitises. Mais il fallait que l’ensemble des Jeux se déroule dans nos régions : Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur. D’ailleurs, la coopération entre nos deux régions se passe très bien depuis le début. Et puis, ce n’est pas seulement Lyon qui entre dans l’aventure olympique, c’est toute la métropole de Lyon. Avec, bien sûr, une ouverture sur les Alpes : où que l’on soit dans la métropole, on voit les Alpes. Les Alpes françaises sont un territoire cohérent. Cela aurait été un non-sens que ces Jeux se déroulent à Paris. Il y a déjà eu les Jeux de Paris 2024, qui ont été un immense succès. Désormais, c’est au tour de nos régions d’accueillir cet événement.
L’une des grandes interrogations concernant Lyon et sa métropole porte désormais sur la carte des sites. On sait quasiment avec certitude que le tournoi de hockey sur glace se déroulera à la LDLC Arena. En revanche, il reste des incertitudes concernant le patinage artistique, le curling et le patinage de vitesse. Plusieurs sites sont évoqués : Eurexpo, la Halle Tony-Garnier ou encore le Palais des Sports de Gerland. Où ces épreuves seront-elles finalement organisées ?
Il y a aussi la LDLC Arena. C’est plutôt une bonne chose d’avoir plusieurs options. Des instances vont se réunir dès cette semaine, notamment lors d’une session extraordinaire du Comité international olympique en fin de semaine. Et dès le 29, la carte des sites sera dévoilée. Il faut donc être encore un peu patient. Il y en aura pour tout le monde. Ce qu’il faut retenir, c’est que la métropole de Lyon revient dans le jeu, revient dans le match, revient dans les Jeux olympiques et paralympiques. Je remercie Véronique Sarselli et Jérôme Moroge pour leur réactivité afin de permettre à notre territoire d’accueillir cet événement extraordinaire.
On observe pourtant une forme de tentative d’appropriation des JO par la Métropole au détriment de Lyon. Dans la carte imaginée par la Métropole, aucune compétition ne semble se dérouler dans Lyon intra-muros. Grégory Doucet a proposé plusieurs sites. Pensez-vous qu’il faille absolument qu’il y ait des épreuves à Lyon ?
Je veux rassurer tout le monde : il n’y a pas de guerre politique ni institutionnelle. L’enjeu est que cela reste en Auvergne-Rhône-Alpes. Et quand on est dans la métropole de Lyon, où que l’on soit, on est en Auvergne-Rhône-Alpes. Tout le monde en bénéficiera. Un événement de cette ampleur aura des retombées sur l’ensemble du territoire. La question n’est pas de savoir qui obtient quoi. La vraie question est : où peut-on organiser des compétitions sportives à la hauteur de l’événement ? Il ne s’agit pas de privilégier tel ou tel équipement, mais de privilégier le résultat final : le succès des Jeux.
Dernière question, celle que tout le monde se pose : la cérémonie d’ouverture semble prépositionnée à Lyon. Est-ce une rumeur ou une réalité ?
Oui, on entend dire qu’elle pourrait se tenir à Lyon. Certains avancent même déjà des lieux précis.
Les deux stades évoqués sont Stade de Gerland et le Groupama Stadium ?
Là encore, la décision sera prise en fin d’année. Le plus important est de rappeler que la cérémonie d’ouverture comme celle de clôture sont des moments majeurs des Jeux. C’est à ce moment-là que près d’un milliard de téléspectateurs découvrent notre territoire. L’enjeu est donc de renvoyer les meilleures images possibles, avec la meilleure organisation et dans des conditions de sécurité optimales. Le choix du lieu repose sur un travail technique, événementiel et de production d’images. Quoi qu’il arrive, ce que le monde verra sera le meilleur de notre territoire, et le site retenu sera celui le plus adapté, notamment pour la retransmission télévisée.
