Archives de Lyon : entre rayons X et témoignages de guerre


Par Claire Chabal
Publié le 04/10/2017  à 19:32
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Deux expositions ouvrent leurs portes ce mercredi aux archives municipales : “Rayons X – Une autre image de la Grande Guerre” et “14-18, Lyon jour après jour”. Marquant le début d’une série d’événements culturels ayant pour thème “2018, centenaire de la paix”.

Reconstitution d’une salle de radiologie de la fin du XIXe siècle, pour l’exposition “Rayons X – Une autre image de la Grande Guerre” aux archives municipales – Lyon, octobre 2017 © Claire Chabal
© Claire Chabal
Reconstitution d’une salle de radiologie de la fin du XIXe siècle.

Les archives municipales accueillent à partir de ce mercredi deux expositions sur le thème de la Première Guerre mondiale : "Rayons X – Une autre image de la Grande Guerre" et "14-18, Lyon jour après jour". La première raconte un "moment clé de l'évolution des soins médicaux, notamment la mise en place de la radiologie comme nouvelle discipline médicale", explique sa commissaire, Cécile Iannuzzo. Lyon est une ville pionnière en la matière : le premier laboratoire français de radiologie a été créé sous les voûtes de l'Hôtel-Dieu par le clinicien-électricien Étienne Destot, en mars 1896. L'exposition “Rayons X – Une autre image de la Grande Guerre” comprend quatre séquences. "La première partie revient sur la découverte et sur l'utilisation des rayons X, notamment à Lyon, détaille Cécile Iannuzzo. La deuxième partie présente la mobilisation des radiologues après l'entrée en guerre et la manière dont étaient soignés les blessés. La troisième partie évoque la réorganisation du service de santé des armées, notamment grâce à la radiologie. Et une dernière partie présente l'imagerie médicale actuelle, l'utilisation des rayons X aujourd'hui et toutes les nouvelles techniques comme l'IRM."

263 carnets

Carnets de Barthélémy Mermet dans l’exposition “14-18, Lyon jour après jour” aux archives municipales – Lyon, octobre 2017 © Claire Chabal
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Vue de l’expo “14-18, Lyon jour après jour” avec les carnets de Barthélémy Mermet.

L'exposition "14-18, Lyon jour après jour" retrace le quotidien des Lyonnais pendant la Grande Guerre, à partir des carnets du Lyonnais Barthélémy Mermet et d'écrits d'autres habitants, précise Marie Maniga, médiatrice culturelle aux archives municipales. Louis Faivre-d'Arcier, le directeur de l'institution, explique que Barthélémy Mermet "n'est pas un grand personnage de l'histoire" : "C'est un comptable, mais auparavant il a été avocat, journaliste, il a fait quantité de métiers sans trop réussir. Il se prend un peu lui-même pour un raté." Pendant la guerre, il écrit 263 carnets "pour tenter de rentre compte de tout ce qu'il se passe à l'époque, c'est-à-dire des petites choses dans la rue comme des grandes choses, celles qu'on essaie de lui faire avaler à travers les différents journaux auxquels il est abonné".

Les visiteurs déambulent parmi les panneaux fournis en affiches, écrits, photographies, regroupés en trois parties : “Faire face à la guerre”, “Soutenir la guerre” et “Vivre la guerre”. “La première retrace l'omniprésence de la guerre dans l'entourage des Lyonnais, précise Marie Maniga. La deuxième partie décrit la guerre économique. Et la dernière parle plus du quotidien ; nous avons appuyé sur la correspondance, véritable lien entre le front et l'arrière."

“L’art et la culture, des porteurs très forts de mémoire”

Ces deux expositions marquent le lancement par la Ville de Lyon d'une série d'événements culturels ayant pour thème “2018, centenaire de la paix”. Dès cet automne et jusqu'en juin 2019. Les 100 ans de la naissance de Nelson Mandela, le centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale, les 170 ans de l'abolition de l'esclavage… L'année 2018 compte de nombreuses dates qui ont pour point commun "la paix, la guerre, les droits de l'homme et le vivre-ensemble", rappelle Jean-Dominique Durand, adjoint au maire de Lyon délégué au patrimoine, à la mémoire, aux anciens combattants et aux cultes. "Nous avons pensé que l'art et la culture sont des porteurs très forts de la mémoire, souligne-t-il. Il s'agit à la fois pour nous de comprendre le passé mais aussi de construire le présent et l'avenir. Notamment avec de jeunes générations." Et Loïc Graber, adjoint au maire de Lyon délégué à la culture, d'ajouter : "Je suis surpris de manière positive par l'ampleur que cela a pris : ce travail entre ces différents acteurs et cette capacité à se mobiliser autour d'une même cause, porteuse d'une identité liée à notre passé mais aussi porteuse de sens au vu de la période actuelle et des regains de tension."

La programmation sur deux ans mobilise plus de trente institutions. Parmi les premiers événements de cette année, War Requiem de Benjamin Britten à l'opéra de Lyon (du 9 au 21 octobre) et le Concerto pour la main gauche de Maurice Ravel (le 18 novembre) à l'Auditorium. Autres temps forts à venir de “2018, centenaire de la paix” : le défilé de la Biennale de la danse en septembre 2018 et la cérémonie du 11 novembre 2018, place Bellecour.

Rayons X – Une autre image de la Grande Guerre, jusqu’au 23 décembre 2017
14-18, Lyon jour après jour, jusqu’au 23 février 2018
aux archives municipales (Lyon 2e/Perrache)
–> Ce jeudi 5 octobre à 18h30 : conférence sur “La vie quotidienne des Lyonnais pendant la Première Guerre mondiale”, par Bruno Fouillet

 

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