Trafic d’armes, braquages, homicides : les autres pistes de l’affaire Neyret


Par Slim Mazni
Publié le 11/11/2011  à 17:24
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ENQUÊTE EXCLUSIVE. L’affaire Neyret réserve bien des surprises. Outre le trafic de stupéfiants des braquages, des règlements de compte et un trafic d’armes inquiètent plusieurs services.

Les jours passent, l’enquête se poursuit, les fuites se multiplient et, à mesure, Michel Neyret semble s’enfoncer toujours un peu plus. Chose étonnante d’ailleurs, nous n’entendons même pas ses avocats tenter de prendre sa défense dans la presse. L’affaire Neyret n’en finit plus de se compliquer davantage. Petit à petit, elle se transforme en un dossier tentaculaire, un répertoire complexe de personnalités sulfureuses et de destinations géographiques douteuses. "Il faut s’attendre à tout, même au pire" confiait un haut responsable de la police au Figaro. Car le pire est encore à venir.

Les enquêteurs de l’IGS, la police des polices, doutent désormais de tout. Selon nos informations, ils s’interrogent sur la provenance des montres offertes en cadeau à Nicole Neyret. Car outre la Cartier Pasha à 28 000 euros et la Chopard à 6000 euros, il y aurait une autre montre de marque Cartier ainsi que d’autres montres de marque suisse qui intéressent de près les enquêteurs.

Bijoux

De plus, de nombreux bijoux ont été retrouvés lors des perquisitions au domicile des protagonistes qui ont été mis en examen dans le cadre du volet corruption de cette affaire. Des bijoux qui proviendraient de lots volés selon une source proche de l’enquête. De discrets relevés topographiques à proximité de bijouteries installées dans la Presqu’île de Lyon ont été réalisés au début du mois d’octobre.

Selon une source proche de l’enquête, les enquêteurs s’interrogent sur l’impressionnante série de braquages perpétrés à Lyon lors de l’année 2010 et s’inquiètent d’un possible lien avec Michel Neyret, le commissaire qui a été en charge de ces dossiers. La question que se posent les enquêteurs consiste à savoir si Michel Neyret n’a pas couvert ou protégé la réalisation de certains braquages à Lyon.

 Trafic d'armes

Mais l’IGS, la police des polices, n’est pas le seul service à enquêter sur l’ancien numéro 2 de la PJ de Lyon. Les douanes judiciaires et l’Office centrale de répression de la grande délinquance financière (OCGRDF) travaillent également dans le sillage des affaires de trafic de drogue qui touchent Michel Neyret, en particulier l’affaire de Neuilly où 111 kilos de cocaïne ont été retrouvés en novembre 2010. Mais d’autres services plus inattendus se penchent également sur l’ex-commissaire Neyret.

En effet, cinq agents de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) travaillent à Lyon et à Paris sur une filière de trafic d’armes. D’après nos informations, la DGSE s’étonne de voir citer le nom du commissaire Neyret dans les écoutes d’individus qui naviguent dans l’entourage de trafiquants d’armes juifs originaires de Russie. Certains de ces individus seraient notamment installés en Angleterre. Ces derniers jours, trois agents de la DGSE ont enquêté sur des secteurs bien repérés du trafic d’armes dans la région lyonnaise, la banlieue est de Lyon.

 Règlement de comptes à Marseille

Enfin, l’affaire Neyret est également ouverte sur un autre front, celui de possibles homicides. Les policiers de l’IGS travaillent en effet sur des règlements de comptes qui auraient pu être couverts par l’ex-numéro 2 de la police judiciaire de Lyon comme l’a révélé Le Figaro ces derniers jours. Si les écoutes téléphoniques ont mis au jour une conversation entre Gilles Bénichou et l’un des cerveaux de l’affaire de Neuilly où il est question d’informations, par l’intermédiaire de Michel Neyret, sur deux assassinats à Paris, les enquêteurs plancheraient également sur un règlement de comptes à la Kalachnikov de deux individus à Marseille.

 Fiches

Enfin, dans un relevé d’écoutes, Karine B., qui a été auditionnée comme témoin dans l’affaire Neyret et qui est la maîtresse de l’ancien commissaire, interroge celui-ci sur le Lips Café, un bar de nuit où Michel Neyret avait ses habitudes (lire à ce propos notre précédente enquête sur le Lips). Elle demande à son amant s’il existe une enquête pour trafic de stupéfiants et proxénétisme au Lips. Pourquoi s’en inquiète-t-elle ?

Et pourquoi parmi les centaines de fiches PJ que Michel Neyret a demandées afin d’en faire commerce avec ses amis Gilles Bénichou et Stéphane Alzraa, il y a une demande de fiches au nom de Gilbert Chikli, un escroc de haut vol lié à la mafia juive de Netanya (Israël) qui a soutiré des dizaines de millions d’euros à des banques françaises au nom de la lutte antiterroriste. Autre élément troublant, Michel Neyret aurait fait une demande de fiche d'un entrepreneur lyonnais, S. K., actionnaire d’un hôtel de prestige du centre de Lyon. D’ailleurs une partie du dossier d’enquête semble viser certains membres du patronat lyonnais. Ce qui est certain, c’est que l’affaire Neyret réserve des surprises.

(Mis à jour le 12/11/11 à 12h21)

Retrouvez un dossier consacré à l'affaire Michel Neyret dans Lyon Capitale (novembre 2011), en vente actuellement chez votre marchand de journaux ou sur lekiosque.fr.

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Vos réactions
1 commentaire

Si depuis longtemps, les banquiers et les marchés financiers, avec la Bourse et les agences privées de notation ont pris le contrôle de l'économie, à Lyon et ailleurs des Truands et des voyous avaient pris le contrôle des services de police...Aujourd'hui Ils sont mis à mal, mais comme chacun sait la nature ayant horreur du vide, attention le risque de relève existe toujours...
Et dire qu'il y a des volontaires assez stupides pour constituer un comité de soutien à ce Mr. NEYRET...Ne manque plus que BHL...

Signaler un abus | le 13/11/2011  à 12:54 | Posté par  Martin de Givors  

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