Lyon : ce que l’on sait du vol de la couronne de la Vierge


Par Julie Mermet
Publié le 15/05/2017  à 18:17
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Dans la nuit du samedi 13 mai dernier, à 3h27, des individus ont contourné le système de sécurité du musée d’art religieux de Fourvière. Ils ont dérobé la couronne de la Vierge Marie, le calice de l’abbé Poisson ainsi qu’un anneau. 

La couronne de la Vierge Marie, musée d'art religieux de Fourvière
© DR
La couronne de la Vierge Marie, musée d'art religieux de Fourvière

Des malfaiteurs ont pénétré dans le musée d’art religieux de Fourvière samedi dernier et sont repartis avec trois objets, dont l’emblématique couronne de la Vierge Marie. Le préjudice est estimé aux alentours d’un million d’euros selon Magaly Chatin, déléguée générale de la fondation Fourvière. Des travaux de remise en sécurité du musée ainsi qu’une enquête sont en cours. La police judiciaire de Lyon et l’office central de lutte contre le trafic des biens culturels ont été saisis. 

"Les très grands malfaiteurs viennent à bout de tous les systèmes"

Si les malfaiteurs sont parvenus à pénétrer dans l’enceinte du musée, Magaly Chatin soutient que celui-ci était doté "d’un système de sécurité extrêmement sophistiqué". "Malheureusement, les très grands malfaiteurs viennent à bout de tous les systèmes", affirme-t-elle avec regret. Mais une source policière conteste ces dires. "Le musée manquait certainement d’une sécurité adaptée", confie-t-elle. "Pour autant, peu d’équipes sont capables de monter un coup pareil". Cette personne envisage alors "le pire scénario possible" pour l’équipe du musée. "Il y a de très grandes chances que la couronne soit déjà fondue à l’heure qu’il est, et que les pièces soient détachées". Elle imagine "une commande d’un collectionneur auprès du grand banditisme". Il serait alors compliqué de retrouver sa trace, "à moins qu’il y ait des balances ou des indic’ dans le milieu", affirme-t-elle. 

L’équipe du musée garde espoir 

Des travaux de remise en sécurité du musée sont en cours, d’après sa responsable. La fondation rouvrira alors la semaine prochaine, mais l’équipe "va tout mettre en oeuvre pour sécuriser l’établissement à temps pour la Nuit des Musées, ce samedi 20 mai". Magaly Chatin affirme par ailleurs que "le musée devrait être entièrement restauré d’ici deux ans". Ainsi, pour Mgr Le Gal, recteur de Fourvière, "ce cambriolage n’empêche pas de réaliser un grand projet avec les Lyonnais", manifeste-t-il avec confiance et enthousiasme. La déléguée est également de ceux qui gardent espoir. "Le musée dispose d’un registre des donateurs. Les 1791 pierres de la couronne sont identifiables et identifiées". Pour le procureur de la République Marc Cimamonti, il s’agit bien sûr "d’une enquête importante, qui a pour objectif de tenter de récupérer le bien en question", explique-t-il. "C’est la raison pour laquelle la police judiciaire et l’office central de lutte contre le trafic des biens culturels ont été saisis". Le Procureur n’a pas souhaité communiquer plus d’informations, pour "préserver le secret de l’enquête". Par ailleurs, la déléguée de la fondation Fourvière félicite un "service de police remarquable dans cette affaire"

"Au-delà d’une valeur financière, une valeur symbolique"

Manuelle-Anne Renault, responsable du musée, raconte, émue, l’histoire qui lie la couronne dérobée aux Lyonnais. "En 1870, les Lyonnais sont venus demander protection à la Vierge Marie contre l’armée Prussienne pendant la guerre, et plus globalement pour que leurs proches partis combattre reviennent sains et saufs", explique-t-elle. Finalement, les Prussiens n’attaqueront pas la ville de Lyon. Les familles Lyonnaises, en guise de remerciement, ont offert leurs bijoux à la Vierge. C’est ensuite l’orfèvre Armand-Calliat qui en a fait une couronne. "Cette pièce est vieille de plus de cent ans, notre objectif était de préserver cet héritage et de pouvoir le transmettre aux générations suivantes. Ça me rend malade ce qui s’est passé", témoigne la responsable du musée, entre émotion et colère. "Au-delà de la valeur financière, se trouve une valeur symbolique", déclare à son tour Magaly Chatin, gardant le sourire. "Pour reprendre les mots du cardinal Barbarin, ‘c’est une incroyable quantité d’amour' qui a été dérobée", conclut la déléguée.

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