MA TATIE EST UN HOMME

À Bron, dans le parc de Parilly, la crèche Equal fonctionne ainsi depuis 1970.

Il est deux heures de l'après-midi à la crèche Equal à Bron. Certains enfants dorment, d'autres s'amusent avec les éducateurs. Comme c'est le cas dans toutes les crèches de France à cette heure précise. Sauf qu'ici, les enfants sont encadrés par des femmes et des hommes. "De la crèche au collège, les enfants ne sont éduqués quasiment que par des femmes." Régis, éducateur de jeunes enfants depuis 1979, est convaincu qu'il est nécessaire pour l'équilibre d'un enfant en bas âge de ne pas vivre dans un environnement exclusivement féminin. C'est donc cinq hommes et cinq femmes qui sont en charge des enfants. "Le monde est fait d'hommes et de femmes. La crèche doit représenter une micro-communauté pour l'enfant." Pascale, éducatrice dans cette crèche peu ordinaire, est persuadée que l'épanouissement du bébé passe par la mixité des personnes qui l'élèvent. "Il y a de plus en plus de familles mono-parentales où seule la mère élève l'enfant. La crèche ne doit pas aller dans cette direction où l'enfant n'a que l'image maternelle." Surpris dans un premier temps, les parents se réjouissent de la particularité de cet établissement. "Les pères voient que des hommes peuvent s'occuper des enfants. Du coup, ça les libère d'un frein, ils osent changer les couches de leurs gamins" affirme Régis. Reste qu'aujourd'hui, la plupart des hommes qui travaillent dans la petite enfance sont directeurs ou responsables d'équipe, et donc pas vraiment au contact des enfants. L'autre originalité est la non-hiérarchie au sein de cette association. Pas de directeur. Tout le personnel a le même statut. "Cela nous donne une véritable liberté d'agir et de réagir. Tout le monde n'affronte pas les problèmes de la même manière, et c'est tant mieux. La mixité et la non-hiérarchie marchent ensemble." Cet exemple ne fait pas école car seulement un homme pour vingt-neuf femmes présente cette année le diplôme d'éducateur de jeunes enfants à Lyon. Le chabadabada en crèche devra attendre...

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