Trois questions à Patrick Bazin, directeur des bibliothèques municipales de Lyon

On ne pourra pas assumer ce rôle si l'on n'est pas capable de numériser nos fonds ; toutes les bibliothèques cherchent actuellement à le faire mais la plupart n'ont pas les moyens et ne peuvent pas compter sur les subventions publiques - qui sont plutôt réservées aux bibliothèques nationales. Quant au projet européen, il est toujours en panne. A trop attendre, on prendrait un retard impossible à rattraper. Si Lyon ne trouve pas une solution avec un prestataire privé, j'ai bien peur que la numérisation de ses fonds ne se fasse jamais... Inversement, si cet accord est voté, Lyon rejoindra le peloton des grandes bibliothèques européennes (Oxford, Munich, Madrid, etc.) à avoir commencé à numériser leurs fonds grâce au privé (en l'occurence Google, ndlr).

N'y a t-il pas un risque de "privatisation" de la connaissance ?
Non, car l'objectif c'est que la BM, institution publique, obtienne les fichiers numérisés de ses fonds et les mette à disposition de tous gratuitement, comme c'est sa mission. Il ne s'agit pas de numériser pour numériser, mais de disposer d'un matériau dont pourront s'emparer tous les Lyonnais. Nous diffuserons ces fichiers numériques sur notre site internet public, avec un environnement de valorisation, d'explicitation et de recherche.

Cela ne vous gêne-t-il pas que de son côté Google puisse faire une exploitation commerciale des copies numériques de la BM Lyon, en vendant par exemple de la pub ?
Où est le problème ? Il s'agit exclusivement d'ouvrages libres de droit ; n'importe qui peut donc en faire ce qu'il veut. D'ailleurs la bibliothèque municipale n'a aucun regard sur l'exploitation de ses ouvrages tombés dans le domaine public, et heureusement ! On n'a pas à exercer une police de la pensée !

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