PHILIP : UN POSTE DE SECOURS

Un lot de consolation. Le bras de fer avec Dominique Perben lui aura coûté cher. Il aura presque tout perdu dans la négociation. Retour sur une saga qui a défrayé la chronique pendant six mois.

Décembre 2006, à la veille de la visite de Nicolas Sarkozy à Lyon, Christian Philip est reçu place Beauvau avec Dominique Perben. On lui propose " un poste " en échange de son retrait de la 4ème circonscription du Rhône. Refus ferme de Philip qui obtient l'engagement qu'on trouve un accord entre les deux parties. Il est en liaison constante avec les instances nationales et notamment Alain Marleix, chargé des investitures. Il comprend qu'une primaire à droite serait vue comme une solution possible pour trancher le différend avec Perben. Officiellement l'investiture a été accordée à Dominique Perben. Officieusement certains dirigeants continuent d'encourager Philip à se maintenir. Témoin cette curieuse anecdote : Jean-Claude Gaudin écrit aux candidats dissidents pour les menacer d'exclusion, mais dans il fait savoir à Philip qu'il suffit de "se mettre en congé du parti le temps de l'élection" pour échapper aux sanctions. Philip jure alors qu'il ira jusqu'au bout. Mais la situation se tend de plus en plus entre ses partisans et ceux de Perben. Les premières sondages tombent. Philip comprend qu'il a de grandes chances de se retrouver en troisième position, face à un choix : se maintenir dans une triangulaire et risquer de faire perdre son camp, ou se retirer sans les honneurs, avec la crainte de représailles sur son camp.

L'élection de Nicolas Sarkozy le 5 Mai change la donne. Philip voit un de se proches, un ancien étudiant, François Fillon devenir Premier Ministre. Il est convoqué à Matignon le 12 Mai et Fillon lui propose d'entrer au gouvernement. Il demande à réfléchir. Sans rien dire à personne il prend la décision d'abandonner les législatives qui ne lui paraissent plus jouables. Nouvelle entrevue le 15 entre Gaudin, Philip et Perben. Perben exige un communiqué de presse où Philip lui apporte son soutien. Il l'obtient. Philip demande que sa suppléante Nicole Chevassus devienne celle de Perben. Perben refusera. Philip rentre à Lyon mais garde le silence. Ce n'est que le 17 qu'il informe sa suppléante Nicole Chevassus. Et le 18 seulement qu'il publie le communiqué de presse, la date de clôture des candidatures. Stupeur dans son camp. Trop tard pour réagir. Marie-Chantal Débazeille ne décolère pas "si je l'avais su plus tôt je serai partie à sa place !"

Parole donnée ? Le 18 juin, Philip n'est pas sur la " short list " des nommés au gouvernement. Pourtant l'après-midi Claude Géhant l'appelle pour lui proposer un poste de conseiller auprès de Nicolas Sarkozy. Placard ? Il choisira d'accepter quand même. Mais Philip apprécie peu de se retrouve ainsi mis hors-jeu. Il dénonce les " méthodes de Perben ". Il n'est pas sûr que le candidat à la mairie de Lyon fasse une si bonne affaire dans l'élimination au cours de la même élection de trois figures de la droite lyonnaise : Hamelin, Dubernard et Philip.

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