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Le parc Sergent Blandan menacé par l'éventuelle expulsion de son créateur

Diego Romero Ortega est chef de projet au sein de l'agence Base. C'est lui qui planche sur le parc Sergent Blandan, à réaliser avant 2015. Le projet est bloqué par la situation personnelle de son créateur, qui n'est plus autorisé à travailler en raison de sa nationalité. Explications.

Ce lundi, en conférence de presse, Gérard Collomb tend le micro à Gilles Buna, son adjoint à l'urbanisme. “Tu as un coup de colère à donner”, introduit le président de l'agglomération. L'élu écologiste annonce que le chantier du parc Sergent Blandan (Lyon 7e) aura du retard. “Cette contrariété s'appelle Guéant”, lance-t-il. Le ministre de l'Intérieur est en effet coupable d'une circulaire bâclée limitant la présence sur le territoire national des étudiants étrangers. Celle-ci devrait être prochainement amendée. Mais, en l'état, elle menace d'expulsion le chef de projet de l'agence Base – retenue pour superviser le chantier – qui est équatorien.

Un double cursus recherché

Diego Romero Ortega, 29 ans, est en France depuis neuf ans et demi. C'est à Lyon qu'il a commencé ses études, menant un double cursus d'architecte (école de Vaulx-en-Velin) et d'ingénieur (Insa). C'est à l'école d'architecture de Paris de Val-de-Saône qu'il a décroché son habilitation à la maîtrise d'œuvre. Il a ensuite enchaîné les CDD au sein de l'agence Base, d'abord en alternance. Et, lorsqu'on lui propose l'été dernier un CDI, il dépose une demande de changement de statut de titre de séjour à la préfecture, pour passer d'étudiant à salarié. Les quatre mois de délai légal sont passés, ce qui vaut refus. “C'est une surprise. J'ai une double formation, ce qui est rare en France. Je serais en contrat CDI, avec un poste valorisant de chef de projet. Et j'ai un salaire beaucoup plus haut que le SMIC”, analyse, dépité, l'Equatorien. En décembre, il a été convoqué à la préfecture : sa situation sera réétudiée. Il fait à présent valoir sa vie personnelle : il est pacsé avec une Française. Il a obtenu un récépissé l'autorisant à rester sur le territoire quatre mois, durée du réexamen. Durant ce laps de temps, il ne peut toutefois pas travailler.

"On a besoin de lui"

Diego Romero Ortega travaille sur le chantier Sergent-Blandan depuis janvier 2010. C'est lui qui a formulé la proposition de l'agence Base, laquelle a été retenue. “C'est mon plus grand projet professionnel. On va amener de nouveaux usages pour les citoyens, dans un quartier populaire”, explique le chef de projet. Il travaille aussi actuellement sur un nouveau quartier situé autour de la gare de Bordeaux. “C'est une circulaire absurde, qui impacte l'économie de notre société. C'est très pénalisant pour nous”, tempête Bertrand Vignal, cogérant de l'agence Base. L'entreprise s'est attaché les services d'un avocat pour soutenir Diego Romero Ortega. “On a besoin de lui”, lâche l'entrepreneur. Le Grand Lyon aussi, semble-t-il.

Lire aussi : "Sergent Blandan, un nouveau parc de nature multiple"

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2 commentaires
  1. Bizolon - 10 janvier 2012

    Bonjour, Je trouve très bien que cet Equatorien soit venu faire ses études en France dans nos écoles qui ont une bonne réputation et qu'il les ait consolidées par de premières expériences professionnelles. Maintenant, sauf égoïsme de sa part, je trouve qu'il serait plus utile qu'il fasse profiter son pays de ses connaissances. Il rendrait service à ses compatriotes et nous n'aurions pas participé au financement de ses études pour rien.Quant à sa place dans le projet du parc Blandan ce n'est qu'accessoire. Bien des projets changent de Directeur sans qu'il y ait d'inconvénient majeur, sauf si cette personne n'a pas impliqué ses équipes dans le chantier. Cet avatar peut servir à la politique politicienne contre Guéant. Il y a d'autres cas où le départ d'un étudiant étranger serait dommageable pour la France soit en cas de pénurie dans une profession soit qu'il soit plus utile en France pour fortifier les relations humaines ou commerciales entre la France et le pays d'origine.

  2. Martin de Givors - 10 janvier 2012

    Guéant avec sa politique d'expulsion n'est qu'un furoncle purulent de populisme au visage de la république. Aucune explication ne saurait justifier une telle décision. Alors qu'un nombre important de diplômés et chercheur Français fuient le pays pour pouvoir exprimer leurs talents aux USA ou ailleurs, La France devrait s'honorer que ce jeune et brillant Equatorien, après y avoir été formé, puisse mettre ses compétences à son service.Un espoir toutefois pour Diégo ROMERO ORTEGA, dans 4 mois du balai pour SARKOZY...Et GUEANT...Ils pourront toujours aller exercer leurs talents en Libye, avec BHL..

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