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La Ville adopte un budget en hausse de 3%

Sans surprise, le conseil municipal de Lyon a adopté, lundi soir, un budget stable de 717 millions d'euros pour l'année 2012, en hausse de 24 millions par rapport à 2011. Les trois groupes d'opposition (UMP-NC, Lyon-divers-droite et le centre droit) ont voté contre. Richard Brumm, l'adjoint aux finances, a dû se justifier quant au prêt toxique contracté par la Ville de Lyon. Récit.

(Actualisé le 21 décembre)

La majorité a voté, lundi soir 19 décembre, un projet de budget 2012 en hausse de 3% par rapport à 2011. Un budget stable à 717 millions d'euros, en hausse de 24 millions par rapport à 2011. Un coup de pouce ayant néanmoins été donné aux investissements, + 18 millions d'euros par rapport à 2011 à 134 millions d'euros. Une somme record depuis le début du mandat, rendu possible grâce à l'augmentation des recettes propres de la Ville (+13%) et à la faiblesse d'évolution de la masse salariale. Le maire a expliqué la hausse des recettes de la Ville surtout par le dynamisme de la Ville, la croissance démographique et les nouvelles construction de logements faisant entrer toujours plus d'argent dans les caisses de la ville, via la taxe d'habitation et la taxe foncière.

La Ville cherche à se désengager d'un prêt toxique

Richard Brumm a commenté le budget lundi soir; revenant en particulier sur les prêts "structurés", pour ne pas dire toxiques, contractés par la Ville de Lyon depuis la moitié des années 2000 et dont l'un d'entre eux commence déjà à empoisonner les finances de la Ville. Contracté auprès du Crédit Agricole en 2006, d'un montant de 10 millions d'euros, "il visait, selon l'adjoint aux finances, à nous couvrir contre une trop forte augmentation des taux". Son loyer de 8% actuellement, selon nos informations, pourrait grimper à 13,06 % (snowball fixe) en 2012. En tout état de cause, la Ville a remboursé déjà pour ce prêt, un million d'intérêts l'année dernière pour 600 000 euros de capital. Un trou sans fin ? " Aujourd'hui nous sommes encore dans des taux favorables, tempère Richard Brumm, même si nous les trouvons excessifs ". L'adjoint aux finances préfère mettre en avant le taux moyen de la dette de la Ville à 2,8% fin 2011. Les services financiers de la Ville reconnaissent quant à eux plus franchement " négocier actuellement avec le Crédit Agricole pour maintenir le taux et sortir de ce prêt le plus rapidement possible ".

Culture, enfance et espaces publics

Du côté des investissements programmés pour 2012, la majorité privilégiera cette année encore la Culture avec 123 millions d'euros d'équipements nouveaux. Le financement du remplacement de certains équipements scéniques de l'Opéra de Lyon (800 000 euros) est notamment prévu, tout comme le financement du renouvellement partiel de l'exposition permanente du Centre d'Histoire de la Résistance et de la Déportation (500 000 euros) et les travaux de restauration et de mise en sécurité des bibliothèques municipales (950 000 euros).

L'Education, deuxième poste budgétaire des dépenses d'investissements de la Ville en 2012 (114 millions d'euros), verra se réaliser la réhabilitation et à la transformation des restaurants scolaires des écoles de la Ville en selfs (4 millions d'euros). 1 million d'euros ira à la réhabilitation du groupe scolaire Alix, 8 millions à la création des groupes scolaires Victorien-Sardou et Marie-Bordas et 1 million à la réhabilitation du groupe scolaire Audrey-Hepburn.

L'aménagement des espaces publics de la Ville avec 65 millions d'euros représente le troisième poste budgétaire d'investissement de la ville pour 20112. 3,3 millions d'euros seront consacrés à la production de logement social, 780 000 euros iront à la ZAC de la Confluence et 3 millions au réaménagement de la Place Bellecour. 3 millions supplémentaires iront à la création du Parc Sergent Blandan, 905 000 euros au Parc de la Tête d'Or.

Enfin la petite enfance (49 millions d'euros), quatrième poste budgétaire des dépenses d'équipements de la Ville en 2012, verra cette année 1 million d'euros consacré à la création d'une crèche (Lamartine-Savoie, 48 places) et 2,9 millions d'euros destinés à la création de trois Etablissements d'accueil du Jeune Enfant (Casimir-Perrier, Créqui-Villeroy et La Buire). Un relais d'assistantes maternelles « Baby duch' » sera créé. La Ville prévoit e tout, trois ouvertures de crèches l'année prochaine et deux de micro-crèches qui correspondent à 168 nouvelles places d'accueil ouvertes l'année prochaine pour les plus petits.

Pour découvrir le projet détaillé de budget 2012 de la Ville de Lyon, rendez-vous sur le site internet de la Ville où le rapport du maire est disponible depuis hier.

La majorité sous le feu de l'opposition

Après la présentation du budget 2012, les trois groupes d'opposition au conseil municipal s'en sont donnés à coeur joie, lundi soir, pour dézinguer la politique du maire. Denis Broliquier (Lyon-Divers-Droite, ex-milloniste) a regretté que le budget ne soit pas plus " offensif " en période de crise. " La seule nouveauté [en matière de développement économique, ndlr) est la création d'un budget annexe pour les Halles Paul Bocuse " a regretté le maire du 2e arrondissement. Reprenant les thèmes chers à la droite, il a relevé que " 58,2 millions d'euros de subventions " étaient déjà programmés dans le budget 2012 " contre 55 millions en 2010 ". " Il faut sortir de cette logique de guichet avec les associations ", a-t-il lancé provoquant des signes de désaprobation très nets dans les rangs de la majorité.

Christophe Geourjon, leader du groupe " Centristes et Démocrates pour Lyon " (centre-droit) a quant à lui regretté que " 2/3 du budget " soient " contraints, ce qui laisse 'trop peu de marge de manoeuvre '" à la politique budgétaire de la Ville de Lyon, selon lui. La solution passerait pour Christophe Geourjon, comme pour les Halles Paul Bocuse, par la création "d'autres budgets annexes". "Nous regrettons que les autres grands établissements culturels ne suivent pas le même exemple" a-t-il dit lundi soir.

Enfin, Michel Havard, leader du groupe (UMP-NC) a dénoncé " l'effet d'annonce " du maire de Lyon qui promet " une progression de l'investissement de + 20 % ce qui n'est jamais arrivé ". " La seule fois où la progression fut supérieure à 20% c'était en 2005 lorsque votre budget était dynamisé par les recettes du trop célèbre Grôlée. Mais il n'y a plus de Grôlée, ni d'actions de la CNR, ni celles d'Eurexpo. Fini ! La source de recettes exceptionnelles s'est un peu tarie.... Ce sera donc par l'emprunt que vous devrez booster l'investissement ". Le groupe Ensemble pour Lyon craint donc que ce ne soit au détriment des impôts des Lyonnais et, au final, de l'investissement qui pourrait ne pas être entièrement réalisé l'année prochaine. L'UMP demande au maire de réduire les coûts de fonctionnement de la Ville afin de se dégager une plus grande marge de manoeuvre.

Les membres de la majorité ont mollement défendu leur budget. Exceptés les adjoints, le maire et Maguite Chichereau (EELV, déléguée aux finances à la mairie du 9e) qui a répondu à la droite en vantant les mérites de la politique budgétaire de la Ville de Lyon, concluant que "pour répondre à la crise, les lyonnais attendent de nous une coopération fructueuse entre la gauche et les écologistes, ils ne souhaitent pas, comme en Italie ou en Grèce, que la légitimité démocratique soit confiée à des représentants des marchés issus du gang des 'banksters' ".

Enfin, les groupes PS, GAEC, Communiste, EELV, Lyon Demain et Centre Gauche Démocrate ont voté pour le budget primitif présenté par la majorité. Les trois groupes d'opposition, UMP-NC, Lyon-divers-droite et Centres démocrates ont voté contre. Chacun se positionnant donc comme de coutume sur l'échiquier politique lyonnais. En janvier, le conseil municipal aura à se prononcer sur le compte administratif 2011.

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