David Kimelfeld à la métropole de Lyon en 2017 © Tim Douet
David Kimelfeld à la métropole de Lyon © Tim Douet

Kimelfeld met la métropole au service de la culture

Après l’entretien qu’il nous a accordé sur sa politique environnementale, David Kimelfeld a réuni ce jeudi matin les acteurs culturels pour les faire plancher sur ce que la métropole pouvait leur apporter. Deux thématiques où il marque ses différences avec Gérard Collomb.

“C'est vrai que, sur le volet culture, on a eu un train de retard que certains ont jugé préjudiciable.” Devant 250 acteurs de la culture lyonnaise réunis pour des “ateliers” de travail aux Halles du Faubourg ce jeudi 11 octobre, David Kimelfeld n'a pas eu peur de reconnaître que la métropole qu'il préside n'avait pas encore défini clairement sa politique culturelle, depuis sa création en 2015. “Je n'étais pas président en 2015, mais j'assume. Nous avions d'autres priorités, notamment nous assurer que tous les bénéficiaires du RSA le percevraient bien”, a-t-il complété par la suite. Son discours était donc attendu.

Un accompagnement mutuel ?

Le président métropolitain n'a pas répondu à toutes les questions, ni livré un grand discours de politique culturelle, avec un état des lieux et des objectifs, mais il a répondu à la question du rôle de la métropole. “L'idée n'est pas de se substituer à d'autres collectivités qui se seraient mises en retrait sur la culture, a-t-il déclaré, mais d'utiliser les compétences de la métropole pour accompagner la culture.” Parmi ces compétences, David Kimelfeld cite en premier l'économie et plus particulièrement “l'accompagnement aux filières affirmées”, même si, précise-t-il, “la culture n'est pas une filière comme les autres”. L'objectif de la journée était donc de faire plancher les acteurs culturels de l'agglomération, faisant échanger des directeurs d'institutions culturelles très subventionnées avec des producteurs de documentaires ou organisateurs d'événements, pour qu'ils définissent “ce que la métropole pourrait faire pour eux”. David Kimelfeld les attend aussi sur les autres grandes politiques de la métropole, notamment les priorités qu'il entend personnellement décliner dans l'agglomération : la lutte contre le réchauffement climatique et la mise en œuvre du plan Pauvreté voulu par Emmanuel Macron.

“On va bien voir”, “pour l’instant, on ne connaît pas l’objectif”

Dans la salle, l'accueil semblait plutôt favorable. Le monde culturel prend soin de ne pas se positionner ouvertement dans la guerre froide qui oppose David Kimelfeld et Gérard Collomb, mais l'on sent clairement une bienveillance plus prononcée pour le premier. “On va bien voir. Pour l'instant, on ne peut pas dire que la métropole fasse grand-chose dans le domaine culturel”, nous confiait, avant le discours de David Kimelfeld, le responsable d'une institution culturelle, qui est reparti plutôt séduit : “Au moins, il y a une ligne claire et un maintien des budgets. Ce n'est pas le cas dans toutes les collectivités. À la région, par exemple, c'est le grand flou. Aujourd'hui, il faut se réjouir quand les budgets sont maintenus. Et il y a une volonté de mutualisation intéressante. Mais ça ne change rien au fait qu'il y a une baisse très forte de la production culturelle, et ça on n'en parle pas.” Une de ses collègues abonda : “Kimelfeld a une approche intelligente et construite. Mais c'est vrai que, pour l'instant, on ne connaît pas l'objectif.” A priori, David Kimelfeld a au moins jusqu'à 2020 pour préciser les grandes orientations culturelles de la métropole, puisque Gérard Collomb n'a pas souhaité essayer de retrouver son siège.

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