Gérard Collomb rentre à Lyon au lendemain de sa démission du ministère de l’Intérieur © Tim Douet

Exclusif : les Lyonnais souhaitent que Collomb “laisse la place”

Selon un sondage exclusif Ifop-Fiducial pour Lyon Capitale et Sud Radio, 57 % des Lyonnais souhaitent que Gérard Collomb “laisse la place à une autre personnalité” aux élections municipales de 2020. Alors que l’ancien ministre de l’Intérieur agite “la menace Wauquiez” pour justifier son retour, notre sondage montre qu’il est en réalité surtout menacé sur sa gauche.

Si l'annonce de la candidature aux municipales et du retour à Lyon de Gérard Collomb n'a pas surpris outre mesure, la manière précipitée de forcer Emmanuel Macron à accepter sa démission a laissé perplexes tous les observateurs, à Paris comme à Lyon. Quelles raisons supérieures ont poussé l'ancien ministre de l'Intérieur à quitter Paris toutes affaires cessantes pour retrouver au plus tôt ses pénates lyonnaises ? Un sondage Ifop-Fiducial pour Lyon Capitale et Sud Radio apporte sans doute un élément de réponse.

Même s'ils l'expriment discrètement, l'on savait déjà qu'un grand nombre d'élus de sa propre majorité ne souhaitaient pas de ce retour, tout comme bon nombre de membres de la société civile et du milieu économique lyonnais, autrefois acquis à sa cause. Le sondage montre que le fil qui unissait Gérard Collomb et les Lyonnais s'est lui aussi distendu. Ainsi, seulement 35 % des Lyonnais interrogés souhaitent que leur ancien maire se représente en 2020, aux élections municipales, pour un quatrième mandat. Au contraire, 57 % des Lyonnais souhaitent qu'il “passe la main à une autre personnalité”. Le résultat est plus cruel encore lorsque l'on se penche sur le détail des résultats : 47 % de ses propres électeurs aux municipales de 2014 souhaitent aujourd'hui qu'il renonce à un quatrième mandat, quand 51 % souhaitent qu'il se représente.

Le souhait de voir Gérard Collomb passer la main est majoritaire dans toutes les catégories de Lyonnais : c'est ainsi celui de 60 % des hommes, 54 % des femmes, 53 % des moins de 35 ans, 60 % des 35 ans et plus, avec une pointe à 66 % chez les Lyonnais de 35 à 49 ans… Cette envie de changement est par ailleurs majoritaire aussi bien dans les catégories socio-professionnelles favorisées (à 64 %) que dans les catégories intermédiaires (63 %) ou défavorisées (52 %), chez les actifs (59 %) autant que chez les inactifs (53 %).

Politiquement, ce sont les électeurs de gauche qui souhaitent le plus fortement voir Gérard Collomb passer la main. C'est ainsi le cas de 66 % de ceux de Jean-Luc Mélenchon et de 77 % de ceux de Benoît Hamon. 50 % des électeurs d'Emmanuel Macron souhaitent en revanche le voir se représenter, contre 45 % qui aimeraient le voir passer la main. La seconde partie de notre sondage, avec le détail des intentions de vote dans trois scénarios différents (avec Gérard Collomb, Georges Képénékian ou David Kimelfeld comme tête de liste), confirme que pour Gérard Collomb, la principale menace pourrait venir de sa gauche. 

Sondage Ifop-Fiducial pour Lyon Capitale et Sud Radio, réalisé par téléphone du 28 septembre au 3 octobre sur un échantillon représentatif de la population de la commune de Lyon âgée de 18 ans et plus et inscrite sur les listes électorales.

 

Précisions méthodologiques
L’enquête a été menée auprès d’un échantillon de 802 personnes, représentatif de la population de la commune de Lyon âgée de 18 ans et plus et inscrite sur les listes électorales. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne interrogée) après stratification par arrondissement. Les interviews ont été réalisées par téléphone du 28 septembre au 3 octobre 2018.

Sondage exclusif  : Collomb en tête mais menacé sur sa gauche

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1 commentaire
  1. Abolition_de_la_monnaie - 4 octobre 2018

    Une excellente nouvelle !
    Mais on n'est pas dans une république des sondages, donc, patience...
    Surtout qu'à ma connaissance, aucun journaliste n'a eu de réponse à la question "pourquoi démissionnez-vous maintenant alors que vous aviez annoncé "après les européennes" ?"
    .
    La réponse est peut-être dans l'accès du ministre de l'intérieur à certains sondages et prospectives qui annonceraient la débâcle de LREM aux européennes... 😉
    .
    Quoi qu'il en soit, les élections seront "truquées" par le non accès aux médias et aux ressources financières identiques pour les petites formations, donc, tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes.
    🙂 Et vive le fric.

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