Florence Parly © Ludovic MARIN / AFP

Armée de L’espace - Lyon : “Pas là pour faire la guerre des étoiles”

La ministre des Armées Florence Parly a présenté ce jeudi la stratégie spatiale militaire de la France. C’est à Lyon, que la ministre a dévoilé que l’armée de l’air sera désormais nommée “armée de l'air et de l’espace”.

Florence Parly, la ministre des Armées a présenté ce jeudi à Lyon la stratégie française militaire spatiale de la France. Sur une terrasse juchée dans les monts d'or au sein de la base aérienne 942 du Mont-Verdun, la ministre a présenté la nouvelle armée de l'air qui sera désormais nommée “armée de l'air et de l'espace”.  

Un commandement de l'espace va être placé sous l'autorité du chef d’état-major de l’armée de l'air. Ce commandement sera installé à Toulouse, principale ville française de l'industrie aérospatiale. Il sera en place dès le 1er septembre et disposera pour le moment d'un effectif de 220 personnes qui sera amené à augmenter dans les années à venir. 

La ministre souhaite que la France s'impose dans cette “nouvelle frontière” qu'est l'espace. Des satellites espionnés, brouillés, ou encore éblouis ; les moyens de gêner, neutraliser ou détruire les capacités spatiales adverses existent et se développent : nous le savons, l’ombre de la menace est bien réelle. À cette arsenalisation rampante de l’espace, s’ajoutent les risques liés à la démocratisation de l’accès à l’espace, le New Space. Je pense notamment aux entreprises de la Silicon Valley qui s’emparent de l’espace, parfois au mépris de l’autorisation des États dont ils relèvent”, a-t-elle déclaré. Elle a notamment parlé d'un “incident” survenu “il y a quelques mois” avec le satellite russe Luch Olymp. 

Souhaitant que l'espace ne devienne pas le “far west”, le gouvernement va se doter “d’une doctrine des opérations dans l’espace (…) qui fédérera et coordonnera tous les moyens consacrés au domaine spatial de la défense” et notamment le secteur privé. 

Florence Parly souhaite “perfectionner nos capacités de défense spatiale. Car l’espace c’est aussi un nouveau front à défendre. Et nous devons être prêts”. Un programme “Maîtrise de l’Espace” va être créé pour “la surveillance et la défense actives”. Il s'agira notamment de “protéger” les intérêts français dans l'espace. “Ces moyens sont si essentiels au fonctionnement de notre économie et de notre société, mais aussi de notre armée”, a assuré la ministre. L'armée va ainsi améliorer la surveillance de ses satellites pour “détecter et attribuer les actes suspects, inamicaux, voire hostiles aux  satellites militaires et aux intérêts spatiaux” de la France. 

Elle va aussi densifier le réseau des télescopes Tarot du CNRS, se doter de nano-satellites patrouilleurs à partir de 2023 et expérimenter un démonstrateur de radar de très longue portée, pour faire face à la menace croissante des missiles. Enfin, l'État souhaite organiser sa “défense active” notamment via des “lasers de puissance, pour tenir à distance et le cas échéant éblouir ceux qui auraient la tentation de s’approcher trop près”, des satellites français. “Ce n'est pas la guerre des étoiles, mais il s'agit de pouvoir riposter si nos capacités étaient menacées”, a précisé Florence Parly. 

Pour cette nouvelle stratégie spatiale, l'état va affecter “700 millions d’euros supplémentaires, en complément des 3,6 milliards d’euros déjà prévus pour le renouvellement complet de nos capacités satellitaires”, a conclu la ministre des Armées. 

2 commentaires
  1. JANUS - 26 juillet 2019

    La base aérienne 942 du Mont-Verdun est devenue le sine qua non du contrôle aérien militaire en France. Elle a accaparé les prérogatives de Taverny en RP. Il est aussi vrai qu'en cas de conflit grave, cette base militaire, plus la centrale nucléaire du Bugey, plus le couloir de la chimie et le nœud ferroviaire de la Part-Dieu seront des cibles des missiles ennemis.
    Alors la métropole lyonnaise pourrait dire Bye Bye !

    1. vieux caladois - 26 juillet 2019

      il me semble qu'il existe des plans (ou existaient) à ce sujet ; il y a bien longtemps, lors de sa création, de nombreux employés de la base habitaient Villefranche, au point qu'un service de cars fut mis en place, et il était dit qu'un plan existait en cas de conflit...quant à la base, les résidents éventuels (le gouvernement) y seraient bien protégés...mais la région …? cela est autre chose...

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