Les 10 printemps de Jarring Effects

Pour ses 10 ans, le label indépendant, qui a s'en doute changé la face du dub Hexagonal, nous démontre sa bonne forme actuelle et un certain désir d'ouverture. Rencontre avec Aude et Jérôme, deux des cinq salariés de l'écurie.

Lyon Capitale : Comment expliquez-vous ce début d'année en roue libre ?
Il y a de plus en plus de licences dans nos sorties. Ce sont des groupes qui viennent avec un album tout fait. On n'a pas de frais de production. On a juste la fabrication et la promo à notre charge. Avant, ça n'était pas trop dans notre éthique. L'idée, c'était d'accompagner l'artiste de A à Z. De la démo jusqu'à la diffusion de son album. Mais là, on a des choses qui nous paraissaient totalement abouties. On peut ainsi élargir artistiquement le catalogue et assumer des coups de cœur. Et puis, en ce moment, les finances suivent. Les derniers albums d'Ez3kiel et d'High Tone nous ont permis d'avoir un peu de trésorerie.

Rien ne serait possible sans ces locomotives ?
Complètement. D'ailleurs, on aimerait bien qu'il y ait un nouveau High Tone ou un nouveau Ez3kiel qui pointe son nez car Jarring repose un peu sur ces deux groupes. Avec eux, on est dans les 10 000 ou 20 000 ventes par album. Ensuite, on descend directement à 2000 pour un Brain Damage. On n'a aucun groupe intermédiaire. Le marché du disque connaît des difficultés. On a beau avoir des revues de presse bien chargées, de bons échos sur les albums, des artistes qui tournent et remplissent des salles, on peut en vendre à peine 800.

Côté scène, quoi de prévu pour l'anniversaire de Jarring ?
On va fêter les 10 ans du label et du festival Riddim Collision du 17 au 20 septembre prochain. Ça va se passer quai de Perrache, là où le cirque s'installe en fin d'année. Il y aura des chapiteaux avec des concerts, des conférences... Plusieurs équipes gèrent différents aspects du festival, pour que la fête ne soit pas que musicale.

Après plusieurs refus, vous participez pour la première fois au festival Nuits Sonores le 8 mai prochain...
Ils nous sollicitent depuis longtemps. Notre ancienne équipe campait un peu sur sa position qui consistait à dire non, non et non. Ils se demandaient : " ils sortent d'où ? D'un coup Lyon veut son gros festival international ? Nous on ne cautionne pas ça, y a pas moyen ! ". C'est le syndrome de l'underground de ne pas vouloir apparaître sous les projecteurs, ni les paillettes. Mais depuis quelques années, on a noué des liens. On avait notre magasin dans la galerie des Nuits Sonores. L'Œuf Raide et Es3kiel ont participé à certaines éditions. Tous les ans, on assiste au festival parce qu'il y a des trucs qu'on adore dans la programmation... Là, ils nous proposent une soirée carte blanche avec une salle jusqu'à 7h du matin. Ça serait bête de refuser. Il n'y a que les cons qui ne changent pas d'avis !
Les sorties de Jarring Effects
Will we cross the line ?, de R-Zatz
Short Cuts, de Brain Damage
The Robot and The Chinese Shrimp, de Fumuj
Enter The Automaton, de Broadway (disponible en avril)
MusikD'AscenceurPourKagesD'Eskalier, de Karlit & Kabok (disponible en avril)
Artefacts, de Revo (disponible en mai)

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