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L'Opéra n'est pas qu'un coût pour Lyon

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L'institution culturelle lyonnaise a mandaté un cabinet parisien pour estimer les incidences économiques de son activité. Pour un euro de subvention engagé, l'Opéra génère 2,80 euros. Et elle s'affirme comme la 2e source de retombées presse nationales et internationales après l'Olympique lyonnais.

C'est un phare culturel de la ville, un monument emblématique de son coeur. C'est aussi un coût très important : l'Opéra de Lyon a un budget annuel de 38 millions d'euros, le 2e de France après Bastille (196 millions). Chaque année, la ville lui décerne une subvention de 17 millions d'euros. 80 % de son budget de fonctionnement provient de subventions de l'Etat et des collectivités locales.

Mais l'institution s'emploie à démontrer que cette dépense n'est pas réalisée à pure perte et profite à l'économie locale. Pour ce faire, elle a mandaté le cabinet parisien Nova Consulting. 25 000 questionnaires ont été envoyés aux spectateurs ayant acheté un billet au cours des 5 dernières années et 5000 réponses ont été reçues. Faisant cela, Serge Dorny, directeur général, pense "lever un tabou" mais se défend de faire du lobbying, alors que le montant de sa subvention est gelé jusqu'en 2015.

"Il faut jeter l'argent par les fenêtres"

Les spectateurs ne consomment pas seulement leur billet. Ils se déplacent pour accéder à l'Opéra : que ce soir en bus, en train, en voiture ou en taxi, ils s'acquittent d'un coût de transport. Ils dînent aussi souvent à une table lyonnaise, ou prennent un verre. 60 % consomment autour de l'Opéra, indique l'enquête. Et cela rapporte à l'économie locale. Pour un euro de subvention, 80 centimes sont générés. Ensuite, l'étude évalue l'impact de l'activité même de l'institution : les salaires versés, les cachets d'artistes, la réalisation de décors et tous les sous-traitants… soit un total de 2 euros. Pour parvenir à ce chiffre, aux dépenses de l'institution s'ajoutent les partenariats et co-productions de spectacles réalisés à Lyon, mais joués aussi à l'extérieur.

Au final, "pour un euro de financement public engagé, l'institution génère 2,80 euros", résume l'étude. Enfin le retour sur investissement pour l'Etat, sous forme de rentrées fiscales, est également d'un euro. "C'est une opération blanche pour la collectivité", en conclut Serge Dorny. Et de citer Napoléon, qui affirmait à propos de l'Opéra de Paris : "il faut jeter l'argent par les fenêtres pour qu'il rentre par la porte".

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Cette comptabilité peut interroger : le calcul n'inclut pas les coûts d'investissements, mais s'attachent uniquement aux recettes et dépenses de fonctionnement. En outre, chaque euro public dépensé - bien ou mal - reste dans le circuit économique et se traduit nécessairement par des retombées - ce qui n'exclut pas un débat sur le bien fondé de son affectation. Cette enquête, diligentée par l'institution sur elle-même, intéresse surtout par la comparaison qu'on peut effectuer avec d'autres opéras de province. Or selon le cabinet prestataire, ce chiffre de 2,80 euros est nettement supérieur à la moyenne où il s'établit généralement à 1,5 euro. L'Opéra de Lyon profite donc plus à la ville, que ses alter égo françaises (hors Paris).

Plus citée que la Fête des Lumières

Il y a l'argent, il y a aussi l'immatériel. Tous les bénéfices en termes d'image et de rayonnement dont Lyon tire profit grâce à l'Opéra. Pour les quantifier, ont été dénombrés les articles de presse nationaux et internationaux. Le quart d'entre eux porte sur la scène culturelle lyonnaise. Et parmi ceux-ci, le tiers a trait à l'Opéra. Soit 6 % des articles nationaux et internationaux parlant de Lyon. L'Opéra de Lyon s'affirme ainsi comme la 2e source de retombés médias, derrière l'Olympique lyonnais… mais devant les Biennales et la Fête des Lumières. "Il y a beaucoup de représentations de qualité qui sont créées ici ; et, à chaque fois qu'elles sont évoquées, on parle de Lyon. Tandis que la Fête des Lumières, on en parle qu'une fois par an", souligne Julien Bernard, directeur général de Nova Consulting.

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Qui va à l'opéra ?

L'étude ne fait pas mentir les clichés : oui le spectateur moyen de l'Opéra est une femme (54 % des spectateurs), plutôt âgée (47 ans) et hautement diplômée (56 % de bac + 5 et plus). 45 % habitent hors de l'agglomération. Mais pour Nova Consulting, la typologie est un peu plus ouverte que d'ordinaire. Dans de nombreux opéras, une proportion écrasante de spectateur est constituée de retraités et de notables de la ville. Cette relative diversité traduit une ouverture due au faible taux d'abonnement. C'est là une fierté, démontrant une plus grande variété de profils. Pour autant, même non abonnés, les spectateurs sont fidèles : 41 % d'entre eux s'y rendent plus d'une fois par trimestre.

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