insuffisance cardiaque
Tristan Paret

Une filière lyonnaise contre l'insuffisance cardiaque

En France, plus d'un million de personnes sont atteintes de cette pathologie souvent méconnue, qui bénéficie désormais d'une filière de soins basée au CHU de Lyon. Son fonctionnement, unique en France, lui assure un véritable succès auprès des patients.

Un cœur dilaté, épaissi, incapable d'alimenter correctement l'organisme en oxygène : c'est ce qu'on appelle l'insuffisance cardiaque. Avec le vieillissement de la population, cette pathologie constitue un problème majeur de santé publique dans les pays développés. Une maladie silencieuse en apparence, mais qui rend la vie dure aux patients. Rhône-Alpes est en France la troisième région la plus touchée. Face à ce constat alarmant, Geneviève Derumeaux, professeur au CHU de Lyon et présidente de la Société Française de Cardiologie, créée il y a deux ans une filière de soins dédiée à l'insuffisance cardiaque.

Des ateliers ludiques et pédagogiques

Se familiariser avec leurs traitements, être attentifs aux signes d'alerte de la maladie et changer les mauvaises habitudes alimentaires. Voilà ce qu'apprennent les patients. Grâce à des ateliers de formation, plus question pour eux de subir la maladie. Les patients ont tout un mode de vie à changer. Ils devront adopter un régime alimentaire sain en réduisant leur consommation en sel, responsable d'hypertension et apprendre à renoncer à certaines activités ou à les faire à un rythme plus lent. Dans le cadre des ateliers de formation en groupe, une diététicienne leur demande par exemple à l'aide vignettes représentant certains aliments de reconstituer le repas parfait pour un insuffisant cardiaque ; c'est à dire le moins riche en sel.

L'insuffisance cardiaque entraîne une fatigue physique importante, qui peut parfois conduire à des états dépressifs. Les patients peuvent dans le cadre de cette filière consulter une psychologue. Ils sont sensibilisés aux signes d'alerte de l'insuffisance cardiaque : la dyspnée (essoufflement au repos puis à l'exercice), la fatigue, l'oedème des membres inférieurs, la prise de poids et des épisodes fiévreux. Des symptômes qui rendent la maladie handicapante au quotidien.

Josette, 79 ans, vient pour la première fois à l'atelier de formation à l'hôpital cardiologique. Diagnostiquée très jeune, elle a subi il y a quelques mois une greffe des valves. “Grâce à ces ateliers, je sais désormais à quoi servent mes médicaments. J'ai aussi appris à prendre de bonnes habitudes alimentaires et casser certaines idées reçues“. Je sais désormais que je vais devoir modifier ma façon de cuisiner, confie-t-elle . Il n'est pas possible pour nous de se rendre à des repas de famille ou au restaurant à cause du régime, la maladie nous isole parfois.“ L'ancienne institutrice apprécie le côté ludique de ces ateliers

Un suivi adapté au patient“

La filière compte aujourd'hui une dizaine de professionnels de santé et assure trois types de soins : la consultation, l'hospitalisation de jour et un service d'urgences. Spécialistes du rythme cardiaque, de la circulation sanguine, de la chirurgie et l'échographie, un kinésithérapeute, une diététicienne et un psychologue s'associent pour offrir “un cadre de suivi personnalisé du patient“, selon le professeur Derumeaux. Pour elle, cette composante est l'occasion d'offrir une visibilité à cette pathologie qu'elle qualifie de véritable“ cancer du coeur“. Cette unité est également impliquée dans la promotion de la recherche clinique puisque les patients peuvent être concernés par des protocoles de recherche pour de nouveaux traitements. Depuis sa création, 400 patients ont eu recours à cette filière.

Société Française de Cardiologie : http://www.sfcardio.fr/

Fédération Française de Cardiologie : www.fedecardio.com

L'insuffisance cardiaque en quelques chiffres

Plus d'un million de personnes sont atteintes d'insuffisance cardiaque en France.

40 % des insuffisants cardiaques décèdent dans l'année qui suit leur première hospitalisation.

Première cause de mortalité cardiovasculaire en France

Première cause d'hospitalisation chez l'adulte en France

En 2006 : 1729 personnes sont mortes d'une insuffisance cardiaque en Rhône-Alpes

à lire également
d'heure en heure
d'heure en heure

derniers commentaires
Faire défiler vers le haut