Une droite ragaillardie

Orientations budgétaires, stade de Gerland, Clos Layat, elle est montée au créneau sur tous les dossiers.

Un budget... pour la prochaine équipe
Un débat d'orientation budgétaire, ah bon ? Plutôt un lancement de campagne électorale et pour cause : lors du conseil municipal de lundi, Millonistes et conseillers UMP ont pour la première fois manifesté leurs positions communes pour la prochaine mandature.
La critique du bilan de Gérard Collomb a donné lieu à une bataille de chiffres, à commencer par les 0 % d'augmentation fiscale promis par la droite à l'unisson. Les 5 % du maire sortant, même inférieurs aux deux mandats précédents, font pâle figure.
Quand la gauche annonce un taux de dépenses de fonctionnement élevé, la droite promet de le réduire en remplaçant un fonctionnaire sur deux ; mais quand les investissements du présent mandat s'élèvent à 120 millions annuels, la droite promet au contraire de les porter à 150 millions par an. Une dette limitée, des dépenses contrôlées et des investissements augmentés, sont autant de promesses qui font sourire la gauche d'autant plus qu'elle dénonce un désengagement croissant de l'Etat face aux collectivités locales.

Assia Toufektchan

Gazon maudit à Gerland
En décembre 2006, la ville investissait 200 000 euros pour refaire la pelouse de Gerland, avant la saison de football et le mondial de rugby. L'opposisition s'étonne que la majorité veuille à nouveau engager des travaux de réfection, pour un million d'euros, cette fois. Est-ce bien raisonnable, alors que le club de foot doit déménager vers son nouveau stade d'ici 31 mois ? " La couverture végétale présente un stress physiologique " explique Etienne Tête. Depuis 70 ans d'utilisation continue, la terre a été polluée en profondeur et il faut compter dix semaines complètes de travaux. L'an dernier, on n'a fait que parer au plus pressé. Tout de même, Rémy Hanachowicz (Millon) s'inquiète de l'avenir de ce stade après le départ de l'OL. Le LOU ne peut suffire à assurer sa viabilité.

Clot Layat
Nicole Bargoin monte au créneau. La population du quartier voudrait faire un parc urbain, dans ce site qui appartenait au domaine Saint-Jean-de-Dieu. Aujourd'hui, on parle de terrains de football ! Jean-Louis Touraine (PS) revient en arrière. Les 20ha ont été acquis par la ville en 1997, sous Raymond Barre. Dès le début, il était prévu une partie pour un arc urbain et une autre dédiée au sport amateur. Thierry Braillard enfonce le clou. A l'époque l'adjoint aux sports s'appelait Alain Bideau, lui n'a fait que reprendre le projet et l'améliorer. Alain Bideau vient se sortir, fâché, il n'a pas apprécié que quelqu'un se réclamant de son camp critique un projet avec lequel il est d'accord. La nouvelle union de la droite ne va pas sans couacs.

Contre-Attac
Pas question pour la droite de voter une subvention de 5000 euros à l'organisation altermondaliste ATTAC qui doit organiser ses assises à Lyon en 2007. " Les impôts des lyonnais ne doivent pas financer des mouvements politiques " proclame Amaury Nardone (Millon). La majorité objecte qu'elle finance de la diversité d'opinions.

MRAP
Vrai coup de sang de la droite qui refuse de soutenir ce mouvement, non pas en raison de ses idées, mais " parce qu'il a donné des consignes de vote pour les élections de 2008 ". Etonnements sur les rangs, personne ne semble au courant. Jean-Yves Sécheresse (PS)s'insurge " aujourd'hui c'est le MRAP, hier c'était la Ligue des Droits de l'Homme et encore la LICRA, Hippocampe, il y a un certain nombre de fixations qui se font ".

(Dernière miut, lire le démenti formel du MRAP

http://www.lyoncapitale.fr/index.php?menu=2&article=3557 )

Montplaisir
Très remontée, Nicole Bargoin (Millon), contre " le manque de suivi des structures que nous conventionnons ". La MJC de Montplaisir est en déficit de 72 000 euros. Elle demande une subvention de 35 000 euros. " Ca s'explique " plaide Louis Pelaez, adjoint chargé de la vie associative. Avec 2385 adhérents, elle est la plus grosse MJC avec celle du Vieux Lyon. Elle s'est structurée autour d'activités de formations, mais un changement de législation ne lui permet plus de le faire. Il s'agit d'accompagner un projet de reconversion pour qu'elle retrouve un quasi équilibre dès l'an prochain.

La rancune d'Erika
Non les Verts ne voteront pas une convention de mécénat avec Total. Le pétrolier voulait financer une partie des travaux de la chapelle de la Trinité. Trinité ou non, les écolos ne digèrent pas l'Erika, la Françafrique, la Birmanie... Ils sont contre, mais pas trop, ils s'abstiennent.

PETITES PHRASES

L'obscure clarté qui tombe de l'écologie
Après une intervention d'Etienne Tête (Les Verts), qui laisse Gérard Collomb perplexe, Erick Roux-de-Bézieux (Millon) : " Je remarque que vous ne comprenez pas tout quand Monsieur Tête parle, ça me rassure "

Sortez couvert
De Pierre-Alain Muet (PS), dans la plus pure tradition carabine  : " Il ne faut pas entrer dans l'avenir à reculons.. "

Problème d'audimat
De Yvon Deschamps (PS) : " ...la crise des prime-time aux Etats-Unis ". Sur les bancs " Non... non : des suprime ". Deschamps s'excuse " Mon accent est à perfectionner ".

Masochisme souriant
De Guy Front (GAEC) : " nous sommes les victimes heureuses de notre succès et de notre réussite "

Débat de fonds
De Nicole Gay (PC, même ses cheveux sont rouges). Dès qu'on parle de taxer les dividendes " sont agités les torchons de la fuite de l'argent " et l'on voit passer des serviettes bourrées de billets.

Kremlinisation
Nicole Gay, encore, pour conclure son intervention : " et voilà chers camarades, ce que j'avais à vous dire ". Murmures réprobateurs sur les bancs. " Euh... chers collègues ".

Gérard Collomb enterre le logement social
Le maire et futur candidat ironise sur la proposition de son adversaire de doubler les espaces verts sur la ville. " 400 hectares ! Quel quartier de Lyon va-il falloir raser ? Où va-t-on loger les 20 000 demandeurs de logement social ? Sous les espaces verts ? Est-ce qu'on va faire des immeubles troglodytes ? "

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Agriculteur traitant un champ aux pesticides – région de Lille, 2016 © Denis Charlet / AFP
Plusieurs maires, en France, ces dernières semaines, ont pris des arrêtés interdisant l’utilisation des pesticides sur leur territoire. A Lyon, les écologistes poussent en ce sens. Et pestent contre le maire, Gérard Collomb.

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